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05.01.2011

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Olivier Baum

 

 

 

 

08:13 Écrit par Olivier Baum Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

13.12.2010

Est-ce la fin du paquebot Belgica cher Bart De Wever ?

Entre déprime et morosité, la Belgique se dirige-t-elle inexorablement vers l'antichambre de la scission, le confédéralisme. De rebondissements en week-end cruciaux, les négociations entamées à la suite des élections fédérales du 13 juin 2010, n'en finissent pas d'alimenter la chronique politique. Ceci au détriment total de thèmes socio-économiques tels que l'avenir des pensions, la résorption des déficits publics, la sortie de crise, la lutte contre le chômage, la maîtrise de l'immigration économique ou encore l'autre crise environnementale.

Le ver est dans le fruit depuis de très nombreuses années, dès 1921 et l'instauration des frontières linguistiques ou encore l'abandon du recensement linguistique en 1962 et la loi de 1963 délimitant l'agglomération bruxelloise tout en consacrant dans les textes et de manière définitive les tracés frontaliers qui découpent la belgique actuelle.

Plus tard, en 1970, notre élite politique découpa encore un peu plus le gâteau en parts régionales et communautaires, sonnant aussi le tocsin pour les partis politiques nationaux. Petit pays tu seras grand, une fois divisé en régions et en communautés. C'est par la culture que la fin de la Belgique de papa s'est immiscée dans les rouages politiques et institutionnels, est-ce par inculture que cette dernière périra sous la poussée nationaliste qui  en cette année 2010, est incarnée par Bart De Wever, chantre du séparatisme de velours ?

En 1989 sont mises en place les institutions de la région bruxelloise, fruit d'un âpre compromis qui s'avère aujourd'hui calamiteux en terme de financement. Bruxelles, ville géographiquement enclavée dans la flandre et à forte dominance francophone. Dernier bastion bilingue et véritable valeur ajoutée du pays.

C'est certain, si le recensement n'avait pas été abandonné en 1962, Bruxelles ne serait peut-être plus un territoire enclavé et les négociations actuelles seraient nettement moins favorables à la flandre nationaliste de Bart De Wever. Mais voilà, le fait flamand repose sur la notion de territorialité, indépendamment des gens qui y vivent et à fortiori de leur identité communautaire, culturelle et linguistique. Des feux de circulations repeints aux couleurs flamandes en passant par les décrets réduisant fortement l'usage d'autres langues sur leur territoire ou encore en multipliant les circulaires autoritaires, cette flandre compte bien s'affirmer, s'imposer et surtout s'asseoir sur certains fondamentaux pourtant si chers à l'Europe (libre circulation des biens et des personnes).

C'est une réforme copernicienne qu'ils veulent, en d'autres mots, la capacité fiscale, la capacité budgétaire et donc l'autonomie la plus large possible tout en jurant que c'est pour un mieux pour chaque communauté du royaume. C'est vrai, que cette marche à l'envers vis à vis de  la contruction européenne, qui  pour mémoire, vise à l'harmonisation de ses états-membres, peut paraître étonnante et pour cause. Ce pays, membre fondateur de l'Europe, est occupé à se disloquer et comme sur le Titanic qui sombrait, l'orchestre joue et les gens continuent de danser insouciants.

J'avais juste envie de dire un mot à ces électeurs, francophones, néerlandophones et germanophones, voilà ce que nous avons fait, voilà ce que nous avons peu à peu, par indifférence ou aculture politique fait de nos votes, de nos voix. Les francophones se sont trompés, les flamands se sont radicalisés politiquement et le monde politique n'est plus en mesure de stopper la marche du navire vers l'iceberg. Trop sûr peut-être de son caractère insubmersible,  incapable semble-t-il de dépasser ses intérêts particuliers ou tout simplement cisaillé par des courants d'opinions opposés qui le paralyse d'élection en chute gouvernementale.

J'ai aussi envie de demander à Bart De Wever, si une fois liquidé le problème wallon et ses junkies, s'attaquera-t-il au Limbourg et à ses paysans ? Fera-t-il d'Anvers la mégalopole flamande dont il rêve ? Pense-t-il que ce sont de réelles solutions que l'abandon, la renonciation politique au nom d'une conquête qu'il désigne comme inexorable, Est-ce cela le darwinisme politique duquel il s'est lui-même revendiqué lors de tribunes ?

J'ai toujours appris, que les gens qui montent les peuples les uns contre les autres sont soit des tyrans, soit des cons, infinimement plus dangereux ceux qui y parviennent en se revendiquant de la démocratie et en se préservant bien d'afficher clairement leurs fins. Etes-vous l'un de ceux là ?

 

12:50 Écrit par Olivier Baum Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

05.12.2010

La crise politique du 14 juin 2010 à nos jours, racontée au travers de titres de presse

 

Cette période de l’histoire contemporaine de la vie politique belge est marquée par une longue crise, mieux que tous les discours ou toutes les analyses, je vous invite à la redécouvrir au travers des titres de presse sélectionnés dans les archives du quotidien Le Soir parmi les 1138 articles publiés contenant le mot clé : Bart  De Wever entre le 14/6 et le 4 décembre 2010.

 

 

Juin 2010

 

14/6 : Comment la vague jaune et noir s’est transformée en tsunami

14/6 : Les politologues : Delwit : « Entendre le message de Flandre » -- Sinardet : « Ce sera très difficile ! »

17/6 : PS et N-VA veulent entrer tout de suite dans le vif du sujet

17/6 : Di Rupo rassure dans toutes les langues           

20/6 : Les partis attendent les propositions de De Wever pour juger

23/6 : Di Rupo veut un accord pour 20 ans

 

Juillet 2010

 

29/6 : De Wever espère une proposition de coalition pour le week-end

02/7 : De Wever : Beke évoque un entretien agréable et intense

05/7 : Di Rupo : « On n’y voit pas encore suffisamment clair »

07/7 : Informateur : la nervosité grandit du côté de l’olivier francophone

29/7 : Carte blanche : Les francophones veulent-ils d’un compromis à tout prix ?

27/7 : Pré-formateur : les différents acteurs se revoient demain

 

Août 2010

 

02/8 : Négociations : une semaine de vacances cruciale

06/8 : Négociations Elio Di Rupo a repris les contacts bilatéraux : Un pronostic ? Pessimiste

11/8 : Négociations : une réunion « ne sera pas suffisante »

21/8 : Nouveau week-end crucial de négociations

22/8 : Préformation : aucune décision mise sur la table dimanche

25/8 : Dernier obstacle à franchir : BHV -- Enfin une solution pour BHV ?

26/8 : Mission : rapprocher les points de vue

27/8 : Bart De Wever nous refait son « Monsieur Non »

30/8 : De Wever exige des garanties sur papier

30/8 : La crise politique : La dernière « offre » d’Elio Di Rupo

31/8 : De Wever inflexible face à Di Rupo

 

Septembre 2010

 

1/9 : Les négociations : Une lueur : Elio Di Rupo relance Bart De Wever

2/9 : L’offre de la dernière chance

3/9 : 657.17h04 : Un “game over” annonce l’échec

3/9 : « Il faut préparer le plan B

4/9 : Je dirais même plus : Plan B

4/9 : Côté MR Une « offre » de Reynders à la N-VA

4/9 : Les présidents de la Chambre et du Sénat chez le Roi

6/9 : Flahaut et Pieters au travail ce mardi

6/9 : Polémiques : Que veut la Flandre ? : « Des leviers pour une politique de droite »

6/9 : Joëlle Milquet : « On le sent, le climat reste très maîtrisé »

10/9 : Réunion médiateurs-Di Rupo/De Wever la semaine prochaine

13/9 : La N-VA prépare une « offre finale » pour Elio Di Rupo

13/9 : Médiateurs : la N-VA dément préparer une « offre finale »

13/9 : Les Flamands ont de plus en plus confiance en De Wever et Di Rupo

15/9 : La dernière chance du duo

16/9 : Gros clash entre le PS et la N-VA

17/9 : DI RUPO ET DE WEVER AU BORD DE LA RUPTURE

19/9 : Les négociations vont-elles reprendre ?

21/9 : 100 jours : Di Rupo et De Wever renouent le contact

22/9 : La crise : La clé ? La loi de financement -- les experts

23/9 : Les francophones se paient De Wever

25/9 : De Wever : « Nous ne sommes pas des Hutus et des Tutsis »

28/9 : De Wever : « Il y a des raisons d’être sceptique »

 

Octobre 2010

 

1/10 : Médiateurs : « on devrait y voir plus clair à l’issue du week-end »

2/10 : Carl Devos : « La N-VA veut la preuve d’un changement majeur »

4/10 : 442.La N-VA appelle à mettre fin aux discussions dans leur cadre actuel

4/10 : Les francophones préparent leur réplique

4/10 : Un ultimatum de Bart De Wever

5/10 : Milquet : « Le pays n’est pas en phase terminale »

5/10 : Et maintenant, que va-t-il se passer ? Balle au Palais, au moins jusqu’à jeudi

6/10 : Les libéraux toujours exclus des consultations

6/10 : « La N-VA n’a pas de plan B »

7/10 : Le Palais ne consultera pas les libéraux

8/10 : La N-VA encore plus forte selon un sondage

15/10 : De Wever : « Je suis un produit du vedettariat politique »

16/10 : Bart De Wever annonce un compromis

17/10 : Voilà pourquoi la note De Wever est inacceptable pour les francophones

17/10 : Happart : « La note de De Wever est risible »

18/10 : Bart De Wever : « Je ne me vois pas revenir à la table »

18/10 : Le PS rejette toute idée d’élections anticipées

18/10 : Le cdH reste disponible pour négocier un accord équilibré

18/10 : Ecolo prêt à discuter sur base du travail des 7

18/10 : De Wever : « La pièce est terminée

18/10 : Le Roi a reçu en Audience Bart de Wever

18/10 : 259.La N-VA déçue sur les partis francophones

18/10 : Les partis flamands accueillent positivement la note De Wever

18/10 : l’impasse plus que jamais

19/10 : Les libéraux ne sont toujours pas invités chez le Roi

20/10 : Crise : seul Elio Di Rupo attendu jeudi auprès du roi

21/10 : Johan Vande Lanotte nommé « conciliateur »

22/10 : « Ce ne sera pas une mission suicidaire »

24/10 : Johan Vande Lanotte voit ce dimanche Bart De Wever

25/10 : De Wever dit s’être trompé sur l’honnêteté intellectuelle de certains

25/10 : La note de Bart De Wever enrichirait la Flandre, selon la KUL

26/10 : Contredit, De Wever tire dans le tas

27/10 : La note De Wever évaluée sans a priori

 

Novembre 2010

 

3/11 : De Wever n’envisage pas le 12 novembre comme deadline

3/11 : Négociations Le conciliateur royal affiche un brin d’optimisme : « Tout le monde joue le jeu »

5/11 : Négociations Johan Vande Lanotte poursuit ses consultations : Pas de fumée blanche avant le 15

13/11 : Négos La bataille des chiffres s’annonce rude : Le financement, vrai test pour Vande Lanotte

16/11 : Vande Lanotte a fait rapport au Roi

17/11 : Vande Lanotte a débuté ses entretiens bilatéraux avec la N-VA

22/11 : De Wever : « Les élections sont le seul plan B

24/11 : De Wever et Di Rupo au parfum

24/11 : Le conciliateur va présenter son texte aux sept partis

25/11 : Le grand troc de Vande Lanotte

26/11 : Sans signes clairs de la N-VA, Vande Lanotte rendra son tablier

26/11 : Une lourde responsabilité

30/11 : De Wever : « La fin du pays ? Oui, mais sans révolution »

 

Décembre 2010

 

1/12 : La N-VA va examiner la proposition du PS à la loupe

1/12 : Des francophones ouverts et positifs avant une nouvelle rencontre Di Rupo-De Wever

1/12 : Bart De Wever veut toujours le MR

2/12 : Négociations Elio Di Rupo distille un message positif, dans les deux langues : « Bien plus qu’une révolution copernicienne »

3/12 : Le temps est à l’orage entre De Wever et Vande Lanotte

4/12 : 1.Maingain propose un gouvernement sans la N-VA

 

La saga continue…

 

 

11:42 Écrit par Olivier Baum Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

19.10.2010

128 jours pour transformer Bart le vainqueur en Bart le martyr

La saga des négociations politiques post 13 juin 2010, m’a, comme beaucoup, intéressée. Non pas qu’elle fut riche en événements majeurs, mais bien parce que ces (non)négociations devaient préfigurer de la nouvelle cartographie géopolitique du royaume, celle née des urnes.

Cette Belgique politique de plus en plus bipolarisée entre nord et sud, bien plus qu’entre droite et gauche, et à sa tête, deux hommes, Bart De Wever et Elio Di Rupo, que tout sépare.

Inutile de revenir sur les nombreux faits d’armes qui ont émaillé les palabres institutionnels, Bart  l’informateur, Elio le préformateur, s’en suivirent les médiateurs et enfin le clarificateur qui très rapidement s’est mué en fin stratège vis à vis de l’opinion néerlandophone face à des partis francophones médusés et complètement dépassés.

Depuis 127 jours, la fronde de l’Olivier francophone enregistre systématiquement une guerre de retard sur la flibuste ènvéiste, le fil d’ariane était ténu, Bart sans malice n’hésita pas à tirer dessus aussi fort qu’il le pouvait et les pauvres francophones tantôt d’avancer de trois pas, tantôt de parer la tactique du Tisseur en reculant de 2 pas.

Mais cette fois, la perche était énorme, Bart s’est avancé comme un éléphant dans un magasin de porcelaine sans que du PS à Ecolo en passant par le cdH on ne le remarqua.

 

Chronique :

Bart De Wever, après avoir gelé les négociations, est nommé clarificateur royal, sa mission est claire, trop claire même, il est chargé de clarifier les points de vue entre les sept partis et de remettre rapport au Roi. D’emblée, le président de la NVA se rebelle, il fait entendre qu’il entendra qui il veut et de clarificateur, Bart présentera non pas à un rapport mais une offre, un compromis dit-il.

Depuis des semaines, Bart de Wever anime tous les débats, au sein des médias francophones et parmi le monde politique, il est sommé de démontrer sa capacité à faire des compromis, de se muer de leader politique en homme d’Etat. Bref Bart est mis au défi, non sans l’aide d’éditorialistes francophones qui, pour on ne sait trop quelle raison, ont cru bon d’enfiler le costume d’arrangeur politique.

C’est ce qu’il aura précisément fait,  avec une stratégie, un véritable plan com, en effet ce dernier, remet son rapport, son –compromis- aux présidents francophones, à la presse et donc à l’opinion toute entière, simultanément. Il court-circuite totalement le schéma classique des négociations politiques traditionnelles en Belgique et paralyse le rôle de temporisateur du Roi.

Il sait que son offre, ne peut que satisfaire les autres partis flamands, il sait que son opinion, celle de flandre, soutiendra ce projet, mais il ne sait pas encore si les francophones tomberont dans le panneau.

Et c’est précisément ce que firent (tous) les présidents de parti, tomber dans le panneau… Réagir à chaud comme des femmes outragées face à la note De Wever. Jugée imbuvable, risible, ridicule, provocante, les superlatifs ne manqueront pas.

Bart le vainqueur est donc près à céder le trône à Bart le martyr grâce à la pantomine francophone qui gesticule autour du brasier.

Pourquoi les francophones ont-ils réagit ? Bart de Wever a clairement dépassé le cadre de sa mission royale, il s’est ouvert une voie –royale- vers la réunification flamande autour de son parti. Pourquoi ne pas avoir laissé Bart De Wever déposer sa note, sans réagir, sans à nouveau se laisser imposer la cadence.  Inacceptable sa note ? Et alors ! Personne ne la lui avait commandée, ni le Roi, ni les francophones.

Evidemment c’est un peu tard, le triumvirat francophone, Elio en tête, s’expliquait hier en télé face à l’opinion francophone, nous avons rejeté la note parce que …, totalement dépassé, piégé.

Manque de self control patent des négociateurs de l’Olivier, mis sous une pression constante depuis juin 2010, mais cette fois Bart De Wever s’est montré bien plus malin qu’eux et ne pouvait rêver mieux que l’incendie en règle de sa note par des présidents francophones en crise de nerfs.

Madame Milquet expliquait que Bart De Wever n’était pas seul au monde, c’est exact ! Mais alors que les négociateurs, analystes, journalistes, cessent de se comporter précisément comme si Bart De Wever était…… seul au monde

Meme si Bart prend de fameuses libertés avec les traditions, même s'il exaspère, entrez sur son terrain et vous perdrez à tous les coups chers négociateurs. Humiliez le et il se renforcera, faites en une cible et il unifiera son opinion derrière lui. Il serait peut-être temps d'y réfléchir, bien qu'il soit tard pour cela.

 

 

 

 

 

07:42 Écrit par Olivier Baum Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |  Facebook |

19.09.2010

Brève : La communication cdH (Milquet) dérape. Une fois (de plus) n’est pas coutume…

A la suite des interventions de Messieurs Viseur et Etienne, respectivement bourgmestres de Charleroi et de Namur, tous deux cdH. Joëlle Milquet s’exprime en se désolidarisant des discours tenus par eux. Une fois encore c’est dans une improvisation et une affligeante approximation que la présidente du cdH s’exprime dans la presse :

"Il est normal que des bourgmestres parlent comme les gens de la rue. Nous, on est là pour faire de l'action politique et l'action politique que nous devons mener maintenant, c'est arriver à un accord au niveau fédéral", a-t-elle déclaré. »

C’est donc avec un accent emprunté à l’Happartisme que Milquet évoque « les gens de la rue », tout en se positionnant au-dessus de la mêlée, le peuple (la rue), le politique ( maîtres du destin ?).

Tellement maladroite que plus tard elle cru bon de préciser « qu'elle sous-entendait par là que les bourgmestres étaient au contact quotidien de leurs concitoyens et entendaient leurs commentaires désabusés sur les négociations institutionnelles. »

Chacun en tirera ses conclusions personnelles.

 

Toutefois, dépassant le simple cadre de la bavure, ce fait est révélateur de la coexistence de deux réalités politiques. La première dans le cadre local, régional ou communautaire, ou l'élu aura tendance à adapter son discours de proximité aux 'gens de la rue' et la seconde, dans un cadre confidentiel des coulisses du fédéral, ou les mêmes sont bel et bien contraints de parfois faire le contraire de ce qu'ils ont vendu aux électeurs de la rue.

Deux réalités politiques, celle qu'on vend pour se faire élire et l'autre, celle qu'on tente d'appliquer vaille que vaille au prix de compromis parfaitement dénaturant.

Joëlle Milquet (et bien d'autres) devrai(en)t méditer sur cette ambivalence permanente entre les discours (ou promesses) électoraux et les actes (politiques). Les gens de la rue ne sont pas de simples électeurs idiots qu'on convoque lorsque rien ne va plus pour s'assurer sa propre légitimité, y compris dans ses erreurs.

 


08:37 Écrit par Olivier Baum Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

12.09.2010

Débat sur LCI avec Marcel Sel, Luc Vanderkelen et un député UMP

C'était en juin, mais je vous invite à regarder ces deux vidéos édifiantes. Elles apportent un éclairage redoutable sur les aspects de la crise belge.

C'est à l'occasion de ce débat de juin, que l'éditorialiste flamand compara la fameuse tache d'huile francophone à la situation au proche orient. Les Israeliens colonisant des territoires palestiniens et ensuite en revendiquent l'appartenance (comparaison doublement osée de Luc Van Der Kelen). En autres énormités...

Un autre débat est programmé sur LCI lundi 13/9 à 17H30

 



http://www.vimeo.com/12785180


http://www.vimeo.com/12785501

 

11:00 Écrit par Olivier Baum Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

07.09.2010

Quand les pontes du PS (Demotte et Onkelinkx) jouent avec les peurs, c’est le citoyen qui paie l’addition.

 

La semaine passée pour Rudy Demotte et dimanche dernier, pour Laurette Onkelinkx c’était l’heure de jouer aux épouvantails. Des fameux petits jeux politiques que Don Elio espérait ne pas avoir à subir, ce sont ses lieutenants Demotte et Onkelinckx qui en abusent en évoquant de devoir se préparer à la fin de la Belgique dans les médias.

L’info à fait le tour du monde en quelques heures, de Paris à New-york en passant par le Canada. La Belgique implose-t-elle ?

Nous nous étions montré scandalisé par ces sorties médiatiques de la Vice première et du premier wallon socialistes, mais les médias n’en ont que faire, Le Soir et sa rédactrice en chef, Béatrice Delvaux, devenue politologue semble-t-il, s’essayant à justifier la stratégie des cités :

« C’est pourquoi les menaces francophones, principalement socialistes mais pas seulement, quant à la précipitation de la séparation du pays sont stratégiquement et psychologiquement bien vues. » écrira-t-elle dans son édito de Lundi.

Fort bien, si ce n’est que ces menaces (grotesques) n’émanent que de négociateurs socialistes et non des francophones dans leur ensemble. De plus, il faudrait être sacrément naïf pour croire que ces petites phrases inutiles pourraient influencer Bart De Wever et la Nva.

C’est oublier que ce petit caprice coûte 0,05% de taux d’intérêt en plus. Les marchés pénalisent la double sortie des ténors socialistes, 0,05% ce n’est pas la mer à boire mais peut se traduire en millions d’euros sur des emprunts importants. Millions à charge des citoyens, comme si nous n’avions déjà pas assez avec une charge d’intérêt sur l’astronomique dette du pays de 340 milliards d’euros !

De plus, ce lundi, les marchés américains étaient  fermés, on a néanmoins constaté une hausse de 60 % du volume de transactions sur les obligations belges par rapport à un jour normal.  Comme quoi, les fameux spéculateurs que le PS n’a de cesse de fustiger se sont fait une joie de spéculer sur la sortie hasardeuse des pontes du PS ce week-end.

Le comble, ce constat est consigné dans le supplément économie du Soir de  ce mardi ! Madame Delvaux devrait s’en inspirer et ne plus cautionner la démagogie de certains responsables de premier plan,  qui prennent la fâcheuse habitude de hurler au chaos pour mieux s'affirmer électoralement.

Le CVC réaffirme son communiqué de Lundi et invite à nouveau Elio Di Rupo à recadrer les propos  idiots et exagérés tenus par ses lieutenants. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'il s'agit d'une belle boulette inutilement couteuse. Il y a d'autres moyens de faire parler de soit dans les gazettes.

Anormal aussi, cette subite montée d'adrénaline dans les médias, chacun y allant de son titre évocateur ou de sondages idiots affirmant tantôt la viabilité d'une entité Wallonie-Bruxelles ou encore que ce qui est sur la table est jugé suffisant par les Belges.

D'abord, nous n'en sommes pas la, ensuite aucun parti n'a reçu de mandat électoral pour splitter le pays (sauf peut-être la Nva) et la scission de la Belgique est tout simplement irréaliste pour des raisons évidentes.

Il serait peut-être l'heure de redevenir responsable, médias et monde politique !

 

 

23:21 Écrit par Olivier Baum Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

05.09.2010

La Belgique confrontée à l’émulsion politique entre le Nord et le Sud, un plan B devient impératif.

 

Aux dires de l’ex préformateur Di Rupo, le groupe des sept était à deux doigts d’un accord sur le volet institutionnel. Du côté de la NVA et du CD&V, blocage total sur le volet scission de BHV et refinancement de Bruxelles.

D’un côté, on estime les besoins financiers structurels de Bruxelles à 500 millions d’euros annuels. Au fil des négociations, la dernière proposition sur la table était passée de 250 millions à 200 millions, le solde devant faire l’objet de nouveaux accords concernant la révision des lois de financements.

C’est à un vrai marchandage qu’on dû se plier les négociateurs, de toute évidence pour la NVA, Bruxelles n’est toujours pas envisageable en qualité de région à part entière. Bart De Wever ajoutera même que pour lui, une réforme s’appuyant sur trois régions (« couper le pays en trois comme certains le veulent ») mènera droit au séparatisme. Evidemment, une réforme tablée sur la communautarisation des transferts, offre l’avantage de mener à l’impasse totale sur la capitale avec tous les effets pervers qu’une telle réforme entrainerait.

Il a aussi été question de transférer l’impôt vers les entités, des réformes et des transferts de compétences sans moyens c’est niet genoeg.

Mais dans le fond, il y a peut-être un autre constat à dresser, la NVA est pragmatique, pour elle, il faudra dégager 25 milliards pour revenir à l’équilibre en 2015,  pour ce faire l’effort devant être réparti selon une clé de 70 % d’économies (dépenses) et 30 % de recettes nouvelles (impôts). La NVA entend, entre autre,  réduire la durée des allocations de chômage à deux ans et réduire le nombre de fonctionnaire. Imbuvable pour l’Olivier francophone et singulièrement le PS. La NVA sait aussi que pour ce volet là, il serait bien plus simple de négocier avec les libéraux, mais pour Di Rupo, il est toujours exclu de les faire entrer dans la danse.

Il est donc plus que probable, que Bart entende bien mener en Flandre la politique économique pour laquelle il estime que les flamands ont voté et donc que les autres (les francophones) prennent leurs responsabilités en ayant voté à gauche. Des transferts massifs de compétences et de moyens rendent une Belgique politique et économique à deux vitesses possible, de quoi arranger la NVA et le PS finalement.  Chaque parti pouvant ainsi tenir boutique dans leur fief respectif, sans freiner l’autre.

Concernant le volet de la responsabilisation des entités fédérées, il permet à la NVA de baliser la solidarité Nord-Sud à propos de la dette du pays (340 milliards au 30 juin 2010).

Ce sont deux logiques qui s’affrontent, dans un pays qui politiquement tient plus de  l’émulsion que de l’homogénéité politique. Emulsion symbolisée par la nomination royale des présidents des chambres comme 'médiateurs' : Un NVA, séparatiste et républicain affirmé et le socialiste Flahaut, tout un symbole.

Il n’y aura donc pas 36 solutions, dès lors que les francophones ont voté à gauche et les flamands pour une droite nationaliste. Bruxelles, avec la dette fédérale,  restent paradoxalement les ultime cordons reliant politiquement les deux communautés/régions.

Soit, les francophones prennent effectivement leurs responsabilités, mais alors les flamands doivent cesser de  nier à Bruxelles sa qualité constitutionnelle de région à part entière. Soit nous aurons encore droit à de belles crises politiques.

Mais on l’aura entendu, pour Elio Di Rupo, il n’est pas question d’accepter des formes de responsabilisation et de réforme qui appauvriraient des régions ou des communautés. C’est assez paradoxal, dans la mesure ou d’un coté on vend une Wallonie Marshall 2.vert performante mais de l’autre on craint de l’appauvrir en cas d’une plus grande autonomie responsable. Pour Bruxelles par contre, c’est plus vrai, 200 millions suffisent à peine à la maintenir la tête hors de l’eau, néanmoins  Bart de Wever expliquait, que comme il n’a pas obtenu suffisamment sur le plan de la responsabilisation des entités et des transferts, il ne voulait pas signer un chèque en blanc pour Bruxelles. C’est peut-être carré, mais cette approche mérite de s’y attarder aussi.

C’est d’ailleurs le côté pas banal entre une vision politique flamande (NVA et CD&V) qui tantôt marque leur attachement au principe de la territorialité mais concernant Bruxelles entendent bien le résoudre sur base communautaire, à moins que pour eux, cette évidence repose sur l’enclavement géographique de Bruxelles sur le sol flamand.

Il ne faut pas oublier, avant de sombrer dans une lecture manichéenne, que derrière les négociateurs, se cachent d’abord des présidents de parti qui doivent revendre, d’abord à leurs électeurs, le fruit des accords négociés.

Plus que jamais, c’est donc un vrai plan B qu’il faut et il ne signifie nullement l’éclatement du pays. Le pays est politiquement éclaté entre deux visions économique et sociale aux antipodes l’une de l’autre. Inutile de persister à rafistoler un état fédéral qui de plus en plus, se paralysera, sauf à noter un changement (rapprochement) dans les comportements électoraux futurs. Mais ca c’est une autre histoire.

Finalement, ce choix de mener les négociations sur deux plans distincts, d’abord un accord cadre sur les réformes et ensuite sur le volet socio-économique c’était une erreur. L’un et l’autre étant intimement liés, après avoir constaté que des réformes étaient acceptables (sur le plan des principes) par les partis conviés, Elio Di Rupo aurait peut-être dû s’attaquer directement au menu socio-économique. On aurait probablement très vite constaté les dissensions fondamentales entre la NVA et le PS et épargné quelques bonnes semaines de psychodrame au pays.

Hier les négociateurs insistaient sur l'entente cordiale, le partage de loukoums et autre gâteaux d'anniversaire, aujourd'hui Laurette Onkelinkx déclare dans la DH qu'il faut ni plus ni moins se préparer la fin de la Belgique. Comment peut-on raisonnablement jouer à ce point la sur la théorie du chaos en tant que politique responsable ?

C'est tout simplement affligeant.

 

 

 

 

 

10:04 Écrit par Olivier Baum Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

03.09.2010

La bourde du PS

Acte 1 : Hier jeudi en fin de journée, une vidéo (RTLTVI) du préformateur Elio Di Rupo résigné indique que les négociations s’embourbent. Toutefois il affirme tout faire et tout tenter pour obtenir un accord.

Acte 2 : Annonce d’une réunion plénière de la dernière chance ce vendredi, une ultime proposition sur la table des négociations sous la houlette de Di Rupo.

Acte 3 : Fin d’après-midi : Game is over annonce laconiquement un Ecolo à la presse, aussitôt la nouvelle fait le tour des rédactions belges et européennes.

Acte 4 : Sur Twitter un journaliste de La Libre annonce un scoop de Belga, une photo (cliquez sur le lien) d’une note du PS, note qui selon Michel Henrion est datée du 2 septembre, soit la veille !


Cette note est une sorte de questionnaire au sujet de ‘l’échec’ des négociations septembre 2010.

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Dans le même temps plusieurs communiqués politiques, CD&V, NVA sont publiés, ils regrettent l’échec. Mais pour le PS, cet échec était déjà constaté la veille manifestement !


Question : De quoi ont-ils discuté cet après-midi dans ce cas ?

Ne se moque-t-on pas des électeurs ?

 

A propos d'échec, une analyse CVC  datée du 15 juin 2010, reprise par le blog sagabelgica du Soir, qui anticipait aussi : 

cliquez ici

 

Extrait :

 

"Finalement, Bart De Wever, qui reste un redoutable stratège politique, est peut-être simplement occupé à donner le change, on fait semblant de négocier, sachant qu’on viendra à la table avec des exigences indéfendables pour les responsables francophones du dossier (Le plan Dehaene puissance 10). C’est d’ailleurs très exactement ce qu’il fallait craindre, dès lors que depuis 2007 il n’y eu aucun terrain d’entente communautaire avec les plus modérés. Aujourd’hui,  il ne s’agira pas de négocier mais d’amortir la radicalisation de la Nva.

La Nva pourrait donc parfaitement renoncer très vite à une participation à un gouvernement fédéral,  il sera facile à son président d’expliquer à ses électeurs qu’il a essayé mais que les francophones n’obtempèrent pas. Il resterait donc à activer la majorité alternative flamande en se passant de la Nva. Avec pour effet de  renforcer la Nva en Flandre, qui prépare certainement ses prochains objectifs communaux à l’horizon 2012. Bart De Wever n’est pas un homme pressé, il a par ailleurs démontré que le fédéral n’est pas un objectif essentiel pour lui, il sait aussi que d’une élection à l’autre il peut perdre son leadership."

18:37 Écrit par Olivier Baum Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

02.09.2010

Le périmètre de Di Rupo ne tenait qu’à un fil

C’est dans les choux de Bruxelles et non dans les patates qu’atterri la mission de préformation du président du PS. Après plus de 70 jours, l’écueil bruxellois (scorie dans la chaussure de De Wever) est en passe de devenir insurmontable.

Bart de Wever ne se contente plus d’un non paper (cette fameuse note orale qui n’existe pas…, lue par le préformateur et définissant le fameux périmètre négociable.) Il veut de l’écrit, du texte, du lourd, ébranlé (dit-il) par la sortie du cdH selon laquelle la loi de refinancement on en reparlerait un jour…

Les francophones expliquent ne plus pouvoir aller plus loin dans les ‘concessions’, c’est donc à la Nva et à son satellite le CD&V de lâcher du lest. Ce qui coince ? Le sort de Bruxelles, la loi de refinancement (celle qui défini la répartition de l’argent fédéral entre les entités), la responsabilisation des entités et probablement d’autres points non évoqués à ce jour.

Le plus étonnant dans l’affaire, c’est cette ignorance feinte des véritables ambitions politiques de la NVA, parti qui dispose très clairement de sa volonté de voir aboutir la scission du Royaume un de ces quatre jeudi. Bart à-t-il la carrure, Bart peut-il faire des compromis, toutes questions typiquement francophones, alors que dans les faits, il est plus que probable que Bart n’en a rien à faire des compromis. La NVA a fait du communautaire et de l’institutionnel son core business, il est donc en quelque sorte biodégradable si tout à coup un accord permettait 30 années de paix.

Souvent nous auront entendu, y compris avant les élections, qu’un accord était à deux doigts de se concrétiser, mais à chaque fois, l’affaire rebondit comme un mauvais thriller politique. C’est peut-être plus fondamental que cela, il ne s’agit plus de passer par une réforme transitoire, comme la Belgique le fait depuis des décennies, mais il est peut-être l’heure d’aller dans le vif du sujet : Quel modèle pour le territoire et quel type de cohabitation est envisageable demain. Ce pays s’est doté de régions, chaque élection, y compris fédérale, est communautarisée, les partis de chaque communauté ne s’adressent qu’à leur communauté linguistique et à ce jeu là, la Flandre tire à droite quand la Wallonie et Bruxelles (par le jeu de l’homogénéité imposée par l’Olivier) tirent à gauche.

Restera aussi à aborder les matières budgétaires, une paille, 25 milliards à aller chercher, le financement des pensions post 2015 – 2020 et reprendre le chemin de la réduction de la dette publique qui atteint des sommets. Autant le dire, c’est un tout autre défi que de scinder BHV, ce défi n’a rien de symbolique, il est déterminant.

Pour le moment, les états-majors des sept, tentent de repartager le maigre gâteau fédéral, il reste encore à sauver la pâtisserie de la banqueroute, même si les uns préfèrent les choux et d’autres les gaufres.

09:23 Écrit par Olivier Baum Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

28.08.2010

La grande réforme de l'Etat n'est qu'un leurre politico-régional. Impasse sur les véritables enjeux.

Cette grande réforme, dite copernicienne, de l'Etat Belge n'est qu'un gigantesque leurre politique. Des années que BHV empoisonne la vie politique de ce pays et paralyse l'Etat fédéral. Depuis mai 2007 le gouvernement fédéral  a été en état d'affaires courantes durant 11 mois et le compteur n'est pas arrêté à ce jour. Un gouvernement qui aura donc passé 25% de son temps, paralysé et suspendu à des 'négociations', des 'déminages', des 'colloques singuliers', 'des discussions entre sages' et désormais une 'préformation'  dite cruciale pour le pays.

On nous explique que cette grande réforme est nécessaire, elle a pour but d'améliorer le fonctionnement des institutions du pays, singulièrement sous l'éternel  prisme communautaire. Pendant ce temps, la dette du pays, donc la nôtre enfle à vue d'oeil, elle aura culminé à 340 milliards d'euros au 30 juin dernier. Le plus souvent, on ne cite pas ce chiffre à douze unités, préférant la référence au PIB, la dette n'a pas encore atteint les 100 % du PIB écrit-on , en 1992 elle culminait à 130% rassure-t-on.

Pour une meilleure vision des choses, la dette américaine, qualifiée d'abyssale par la plupart des économistes , s'élève à 3.200 milliards d'euros. Mais l'amérique c'est aussi plus de 300 millions d'habitants et un rapport de PIB/habitant nettement plus favorable que le nôtre. (30 % de plus que le rapport Belge). Autrement dit, l'endettement Belge, si l'américain est qualifié d'énorme, est carrément monstrueux.

Ce qui sauve, pour le moment, la Belgique des prédateurs économiques, c'est la relative richesse de sa population et le fait d'avoir démontré sa capacité de réduire fortement sa dette comme en 1992 et la cure d'austérité sous Dehaene.

Il est plus que temps d'avoir le courage politique de mettre les choses à plat, ce pays n'a pas les moyens de ce payer le luxe d'une nouvelle paralysie engendrée par de la politique d'épicierie de quartier. Depuis le début de la préformation, nulle avancée en matière socio-économique mais des heures de palabres pour dépecer les compétences et les budgets entre entités fédérées. Faisons aussi remarquer que cette dette, chacun en est solidaire, flamands, wallons, bruxellois, germanophones.

Peut-on continuer ainsi, sans oser remettre en cause la politique économique, la fiscalité, la solidarité, la redistribution  des richesses, l'emploi, les pensions.  Il n'y a plus un pays voisin qui n'aie abordé ces sujets et qui n'envisage  de véritable cure de redressement socio-économique, sauf la Belgique, enfoncée dans ses fantasmes politico-communautaires.

La véritable réforme de l'Etat belge et de ses entités, ce n'est pas la scission de BHV et les transferts de compétences, mais bien l'avènement d'une véritable prise en compte politique des données économiques et sociales qui handicapent ce pays et l'avenir de ses habitants.

article lié : Des chiffres et des dettes

13:41 Écrit par Olivier Baum Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |  Facebook |

22.08.2010

Le périmètre des négociations du groupe des 7

Merci à PoliticTwist. pour l'idée.

Au regard des enjeux, du peu d'informations, un peu de sérénité au travers du hublot.

 

En utilisant le pointeur de votre souris, ils viendront à vous. En cliquant vous pourrez offrir une délicieuse gaufre à Bart, une part de gâteau à Caroline (bon anniversaire !) ou encore un café à Elio, sans oublier les frites que certains auraient commandés en cachette (d'après la presse et des sources autorisées).

 

 

 

 

09:48 Écrit par Olivier Baum Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

19.08.2010

Responsabilisering van de entiteiten, dat dit is?

Pour Elio Di Rupo, la première des responsabilités consiste à équilibrer le budget du pays : « "La première responsabilisation étant d'assurer l'équilibre de la maison Belgique » commentera-t-il.

Il dira aussi que « responsabiliser toutes les entités pour atteindre l’équilibre budgétaire est absolument indispensable ».

Fort bien, mais nous sommes fort éloigné de la conception des partis néerlandophones au sujet de la « responsabilisation des entités ». En clair, d’aucuns estiment, par exemple, que si les régions obtiennent les compétences liées au chômage et à l’activation des chômeurs, mais que le financement des allocations reste assuré au niveau fédéral (donc solidaire), il serait anormal que l’éventuel résultat négatif d’une entité reste à charge du fédéral.

Bref, les flamands entendent bien imposer des objectifs à atteindre en terme d’emploi pour chaque entité,  en cas d ‘échec l’entité défaillante devra en assumer les conséquences financières. Ceci par la voie de pénalité en matière de répartition des budgets leur étant alloués.

C’est aussi une manière de dire aux francophones que pour chaque compétence, dont la maîtrise des budgets (et leur répartition) resterait fédérale,  ils entendent alors fixer des critères de convergences et d’objectifs à atteindre par chaque niveau de pouvoir exécutif.

Soit c’est l’autonomie (voies et moyens + compétences liées) soit c’est la responsabilisation

C’est une autre façon de tordre le coup aux fantasmes qui entourent les transferts nord-sud que la NVA symbolisa par convois spéciaux envoyés à Strépy-Thieu de manière aussi symbolique que provocatrice.

Risqué, mais somme toute compréhensible du point de vue flamand, dans la mesure ou la Belgique se dirige vers une sorte de confédéralisme. On aura beau dire pas touche à la solidarité, mais cette vision des choses prend tout son sens politique. Au nord on entend bien promouvoir une politique de centre-droit, le sud, lui, navigue à gauche depuis l’avènement des régions et communautés.

La francophonie pourra-t-elle persister à défendre le principe d’un Etat providence, cher aux socialistes, dès lors que les objectifs fédéraux seraient contraignant et imposeraient aux francophones de restreindre tout azimut leurs dépenses. Voire de recourir à d’importants prélèvements nouveaux pour subvenir aux besoins de l’entité wallonne.

C’est un cas d’école, dans la mesure ou la politique de l’Olivier sera directement confrontée à la nécessité impérieuse de réussir la relance et d’équilibrer les budgets. A cet égard, il sera bien plus compliqué, par exemple, d’annoncer 600 millions (qui n’existaient pas) pour les routes, alors, qu’en réalité, la Wallonie à dû recourir à l’emprunt européen pour réparer ses pistes  qui portent le nom de routes et autoroutes. Emprunts qu’il faudra bien rembourser un jour.

Peut-être, qu’in fine, le citoyen wallon, volontier électeur de gauche, réalisera que la note d’une politique dispendieuse et peu raisonnable ce paie cash. Qu’il n’est peut-être pas sage de maintenir certains services pléthoriques, peu efficaces et ultra-politisés. (les provinces par exemple)

Il faut oser dire, que la radicalisation néerlandophone s’est fortement nourrie de la politique polémique du PS. C’est quand même bien Bart De Wever qui disait il n’y a guère longtemps, qu’avec le PS il sera toujours impossible de décider de bonne gouvernance.

Peut-être ont-ils tous faux, peut-être, et je le souhaite, la Wallonie parviendra à démontrer sa capacité à s’assumer sans inonder ses administrés de taxes nouvelles. Mais avouons que pour le moment, être résident wallon est un luxe sur le plan de la fiscalité.

Il faut concevoir qu’ailleurs, certains en ont fait un argument politique majeur pour obtenir ce qu’ils veulent. Elio Di Rupo, s’il parvient à conclure une coalition et une réforme, devra nécessairement réviser en profondeur  les mœurs politiques de son propre royaume politique. De beaux débats en perspective à Namur…

11:59 Écrit par Olivier Baum Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |  Facebook |

18.08.2010

Conférence de presse longue comme un jour sans pain pour Elio Di Rupo

C’est après avoir devisé avec le Roi, qu’Elio di Rupo s’est vu assigner la poursuite de sa mission de préformateur dès samedi. Durant l’entre deux, le Roi recevra les présidents de partis faisant partie des négociations (NVA - CD&V - SP A - PS - CDH, Ecolo et Groen) selon toute vraisemblance.

S’en est suivi une conférence de presse au Parlement, elle débuta en néerlandais, visiblement mal à l’aise, Elio di Rupo s’essaya à donner le changer dans une langue qu’il maîtrise mal, ce qui lui vaudra certainement quelques remarques assassines des uns et les félicitations des autres.

Le discours du préformateur est à lire à deux niveaux, le premier se veut rassurant, il détermine de grandes avancées, il dresse la très longue liste des matières transférables. Il insiste sur tous les aspects des concessions vis à vis de la demande de réforme ‘Copernicienne’ demandée par les flamands. En chiffre aussi, 15,8 milliards de nouveaux transferts vers les régions et communautés. Il ne défini toutefois pas quelles sont précisément ces compétences, ni vers quelles entités elles seraient attribuées à l’avenir. Prudent donc, Elio di Rupo dresse le constat, les avancées dans les grandes lignes.

L’autre aspect de cette conférence de presse, c’est le message subliminal adressé à la NVA et peut-être au CD&V, il faut savoir atterrir et arrêter un accord. Il faut avoir le courage de prendre ses responsabilités et surtout, Elio Di Rupo insiste sur les importantes concessions francophones.

Curieusement, Di Rupo ne parle pas de BHV, ni des pensions, ni du chômage, qui sont pourtant des points de friction entre les négociateurs. Le communiqué du Palais, confirmé par le préformateur, précise qu’il est chargé de poursuivre et singulièrement d’approfondir le dossier de l’autonomie et de la responsabilisation des entités. On remarquera que c’est précisément ces matières qui ont été déposées sur le tapis par la NVA lundi. Le Roi prend donc une position politique en donnant du corps à cette revendication de la NVA.

Pour Elio Di Rupo, être responsable, c’est d’abord assurer un budget du pays en équilibre. Il élude la vision flamande de la responsabilisation selon Bart. Par exemple en matière de pénalité si une entité ne respecte pas des critères déterminés ou des objectifs assignés.

Bart De Wever a d'ailleurs réagit à son tour à la conférence Di Rupienne. Pour lui, il espère une volonté francophone pour aboutir à un accord sur la responsabilisation financière des entités. Voilà qui est clair ! Selon Bart ce débat est essentiel... Reçu 5/5 Elio ?

On n’aura guère appris grand chose sur ce que les francophones obtiennent de ces négociations (les compensations exigées par le cdH notamment), ni même sur le sort réservé à Bruxelles ou à son refinancement. Nul doute que ce dossier reste sensible et n’est pas encore réglé, loin s’en faut.

C’est donc un état des lieux terriblement imprécis que dresse le préformateur, sachant qu’il n’y aura d’accords sans accords sur tout. En d’autres mots, cette phase de dramatisation théâtrale de ces dernières 48h semblait plus adressée à une ou plusieurs des parties de la table des négociations qu’autre chose. Sinon Di Rupo aurait pu simplement annoncer se rendre chez le Roi pour présenter un rapport intermédiaire et prolonger sa mission. Or, encore ce matin, les supputations allaient du constat d’échec à la prolongation de sa mission.

Exercice de style, message politique, utilisation de la presse, une journée longue comme un jour sans pain pour les analystes, observateurs, journalistes et politique.

 

20:07 Écrit par Olivier Baum Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note |  Facebook |

Les deux patrons de la SA Belgique et de ses filiales régionales et communautaires s’entendront-ils ?

 

C’est après 15H30 que nous serons fixé, Elio Di Rupo, demandera, soit la prolongation de sa mission de préformateur. Soit il fera aveu de l’échec (de tous les partis AUB) dans le cadre du périmètre négocié à l’occasion de sa tentative de ‘préformation’. Ou encore, il ira présenter au Roi, sa candidature de formateur.

Sachant que certains, dont le cdH, affirment qu’ils apprennent par la presse, l’audience prévue ce jour, on doute qu’il s’agisse de présenter au Roi un accord de principe sur une future coalition des 5 ou 7 partis conviés aux négociations.

En ce qui concerne l’éventuelle prolongation de sa mission, elle paraît étonnante, étant donné qu’Elio Di Rupo a toujours maintenu de ne pas être enfermé dans un calendrier pour aboutir. Dead line or not dead line ?

S’il s’agit de présenter au Roi une sorte de rapport intermédiaire, le préformateur aura donc joué la carte de la dramatisation, la presse ayant beau jeu d’affoler ou de rassurer les opinions, c’est selon. Rien n’est laissé au hasard, il est donc possible qu’il ne s’agisse que d’un artifice en vue de faire comprendre aux interlocuteurs flamands, singulièrement de la NVA que trop c’est parfois te veel.

Sur quoi bloque-t-on ? Il semble qu’outre  une série de transferts vers les entités, la NVA et d’autres, veuillent y adjoindre la ‘responsabilisation’ des mêmes entités. Nous avions entendu certaines propositions, en matière de chômage par exemple (deux ans d’allocations garantis par le fédéral, ensuite chacun se débrouille avec ses chômeurs) ou encore en terme d’objectif à atteindre (300.000 emplois net sur dix ans pour la Wallonie).

Au delà, il y a la question des moyens, révision des lois de financements et les clés de répartition. Option que certains partis à la table, jugent normale dans la mesure ou de nouveaux transferts impliquent de facto une mise à jour des flux financiers entre le fédéral et les entités. Transférer des compétences sans qu’elles ne soient accompagnées des moyens, ce n’est pas la grande révolution copernicienne promise aux flamands.

Mais au fond, tous ces transferts, de budget, c’est un peu le principe des vases communiquant, la problématique, c’est peut-être la taille et/ou l’appétit des vases.

Parlant de transferts de compétence et de responsabilisation, reste à déterminer si les parties bénéficiaires pourront fixer les normes ou si c’est le fédéral qui s’en charge. Aujourd’hui le fédéral fixe l’impôt (IPP et ISOC), le prélève, l’encaisse et le redistribue en partie.

Les régions peuvent en outre et moyennant certaines limites définies, fixer des tolérances à l’impôt des personnes physiques. Tout comme les communes fixent les additionnels communaux. Pour la TVA, ses recettes servent pour moitié à financer les communautés, pour l’autre à renflouer la Sécu (les prélèvements salariaux ne suffisent pas) outre la part revenant à l’UE et à certains fonds.

A suivre la NVA, ce qu’ils veulent surtout, c’est plus d’autonomie décisionnelle et plus de moyens pour la financer, ce qui reste de commun devant être astreint à des critères de responsabilités/pénalités.

En évoquant incidemment le chômage, la NVA viserait donc bien le tabou de la sécurité sociale et de la solidarité inébranlable défendue entre autre, par le PS. Il ne s’agit probablement pas des seuls tabous, l’histoire des allocations familiales, c’est aussi une manière de tenir compte de la démographie en fonction des réalités régionales.

Après on imaginera la problématique des pensions, qui connaît aussi de fortes différences régionales (cette fois en défaveur de la Flandre).Bref, à force de saucissonner, on aboutit effectivement à une plus grande cohérence géographique (un pays, une région, une ville, un village, un hameau) des politiques sociales, mais on brise aussi cette solidarité sur laquelle se fonde précisément notre système de sécurité sociale, qui pour rappel ne fait pas que verser des allocations de chômage.

Cela rappelle furieusement ces multinationales qui cherchent à rentabiliser chaque sous-secteur du groupe, sciant les branches déficitaires pour ne garder que les plus beaux fruits de l’arbre. Mais c’est pour le bien de tous et pour un meilleur fonctionnement nous dit-on.

J’ai quand même bien du mal à y croire, mais c’est peut-être le prix à payer pour la fracture politique qui consacre Bart De Wever au Nord, et l’indéboulonnable patron du tout puissant PS au Sud.

13:20 Écrit par Olivier Baum Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

15.08.2010

Les négociations gouvernementales entrent dans la phase critique.

Ca passe ou ça casse titre les uns, on est très très très loin d’un accord titre les autres.

Même si Bruxelles n’est pas à vendre, ce qui est acquis c’est que d’importants glissements seront opérés entre l’étage fédéral et les entités fédérées, reste à trancher la question sur les bénéficiaires de ces transferts soit les régions, soit les communautés. Ce que l’on ne sait pas encore, c’est quel camp, de celui qui prône des transferts vers les communautés (NVA et CD&V) ou de celui qui le souhaite vers les régions (les 5 autres partis à la table : PS-Ecolo-CDH-Groen et SP A) l’emportera. Ni l’ampleur des transferts qui selon plusieurs sources touchent la plupart des grandes matières (Justice, emploi, sécurité routière, soins de santé, allocations familiales en zo voor).

Dans son édition d’hier le quotidien flamand De Staandaard publiait un article intéressant sur la composition de la table de négociations et l’attitude des négociateurs. « Voorbij de pokerface »  on y apprend en vrac :

Wouter Beke (CD&V) : Calme et courtois, il aurait tendance à se cacher derrière Bart De Wever. Pour son parti l’essentiel étant de ne pas apparaître comme ‘moins flamand ‘ que la NVA.

Caroline Gennez (SP A) : Pas de parfaite maîtrise des dossiers selon certains, le dada du SP A, la scission du marché du travail avec la responsabilisation des régions/communautés. Son parti ne semble pas attaché à la communautarisarion des matières comme le cartel putatif NVA-CD&V.

Wouter Van Besien (Groen) : Il défend une réforme mais sans en arriver à des incohérences, comme par exemple que les règles de circulation d’une autoroute ne changent à chaque frontière linguistique. Il plaide aussi pour rompre avec les nominations politiques et les candidatures bidons lors des élections.

Elio Di Rupo (PS) : Maître de cérémonie, les flamands lui aurait reproché de se comporter parfois (depuis jeudi) comme trop partisan ne se positionnant plus comme premier ministrable de tous les belges.

Joëlle Milquet (CDH) : De retour de vacances, les bras chargés de loukoums, son dada, le dossier Bruxellois. Elle aurait refusé les propositions de Di Rupo sur la scission de BHV, exigeant plus de compensations. Selon un négociateur, si Milquet doit donner quelque chose à la flandre, ca lui fait aussi mal que d’y perdre un bras.

D'après le quotidien,Di Rupo proposerait une scission de BHV sans élargissement, évoquant une sorte de 'commnauté urbaine'. Milquet refuse ce type de compromis sans obtenir plus de compensations.

Laurette Onkelinx (PS) : Elle s’aligne sur son président, porte-voix des socialistes vu le rôle d’Elio Di Rupo censé être au-dessus de la mêlée.

Jean-Michel Javaux (Ecolo) : Il aurait reproché à Di Rupo d’avoir été beaucoup trop loin dans ses propositions.

Et enfin Bart De Wever (NVA) : Il pratique l’humour caustique : « Le Voka est mon véritable patron, si le Voka est content, je suis content ». Il ne se satisfait pas d’un transfert de budget vers les régions. Pour lui c’est seulement l’autonomie des dépenses, il veut bien plus, notamment des transferts de compétences (Santé, fiscalité, travail,…) et la responsabilisation des entités.

Il sait aussi que si on régionalise de trop on renforce Bruxelles (NDR d'où sa tendance à vouloir obtenir la communautarisation des transferts)

Voilà le menu actuel, il donne une idée de l’ampleur de la tâche. De ces accords/concessions/reculs dépendra l’avenir de nos institutions avec de profonds changements à la clé quoi qu’ils retiennent.

Une fois qu’un accord serait arraché sur le « qui fait quoi » et avec quel budget, il restera à définir, pour les compétences fédérales qui resteront fédérales, le ‘quoi’ précisément.

Les défis sont énormes: Dette publique de 340 milliards (+ de 100% du PIB), financement des pensions, équilibre des dépenses de sécurité sociale et du chômage. Revenir à l’équilibre budgétaire et dégager des soldes positifs pour enfin revenir à la réduction de la dette. (pour mémoire elle doit tendre vers 60% du PIB pour respecter les critères de convergences (EU)).

Il n’y a pas des milliers de solutions, pour revenir à une meilleure santé budgétaire, il faudra améliorer le taux d’emploi, réduire la voilure en matière de dépenses publiques et plus que probablement dégager de nouvelles recettes (impôts). Le tout sans toucher à la compétitivité des entreprises ni mettre à mal l’emploi. Sachant que notre pays détient la palme sur l’imposition du travail, il ne reste pas de grandes marges de manœuvres. Pour finir, les effets de la crise sont encore bien présents et la relance est encore loin d’être à son apogée, ce qui réduit encore les perspectives à court et moyen terme.

Good luck !

 

 

 

 

10:02 Écrit par Olivier Baum Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

14.08.2010

Des chiffres et des dettes

Des chiffres et des dettes

Au delà des apparences, parfois tranchées, de nos actuels négociateurs fédéraux et des nombreux observateurs qui se perdent en conjectures, il y a aussi les chiffres et les dettes.

La Belgique au 30 juin détient une dette à douze unités : 340.061.506.640,24 EUR, oui, vous avez bien lu, non il n’y a pas d’erreur de virgule.

Comme pour vous et moi, l’importance et la gravité d’une dette se mesure à la capacité de remboursement de l’emprunteur et détermine donc sa solvabilité et le taux d’intérêt qui déterminera le prix de l’emprunt pour financer la dette.

Evidemment, un état, ce n’est pas comme pour un simple mortel, il ne paiera pas (en principe) 20% d’intérêt comme si vous étiez en découvert avec votre carte de crédit. Néanmoins, vous aurez déduit, qu’une infime variation du taux d’un dixième de % sur base annuelle du taux d’intérêt (vous savez, le fameux TAEG), se traduit à coup de dizaines de millions d’EUR.

L’Etat renégocie régulièrement le financement de ses dettes, avec pour corolaire d’espérer payer le moins possible d’intérêts et d’ainsi pouvoir rembourser plus en capital. Le fameux effet boule de neige consiste à ce que la hausse de l’enveloppe dédiée au paiement des seuls intérêts empêche la diminution de la dette.  C’est un peu comme si vous preniez une hypothèque sur votre maison et que vos mensualités couvrent à peine les intérêts de votre emprunt. Bref vous voilà endetté ad vitam et à la merci de la hausse des intérêts.

Spirale infernale qui parfois oblige un Etat à sérieusement resserrer tous les boulons (dépenses et recettes).

L’Etat fonctionne par budget, c’est à dire que sur base d’indicateurs (nombreux), il fixe annuellement ou pluri-annuellement  ses exercices budgétaires. Pour se faire il anticipe, donc, ses recettes et ses dépenses. L’objectif étant de parvenir à équilibrer les deux, d’assurer le financement de politiques nouvelles, de payer les intérêts de la dette (sur les 340………,24 EUR) et de la réduire. Un solde négatif entraîne de facto l’accroissement de la dette et réduit d’autant les marges de manœuvres par la suite. De plus ces exercices reposent sur des projections, à la sortie (contrôles budgétaires) on a de bonnes et parfois de mauvaises surprises. Ce n’est donc pas une science exacte.

La récente crise bancaire et financière née en 2007, a réellement plombé ces fameux résultats, d’abord parce que les recettes prévues se sont réduites fortement, ensuite parce que la hausse du chômage et des politiques mises en œuvre pour tenter de sauver ou d’aider les entreprises (aides aux banques, mise en retraite anticipées, activation du chômage temporaire, …) auront coûté des milliards à l’Etat.

La dette de l’Etat Belge, qui  s’élevait à 80% du PIB en 2008 à atteint, voire dépassé les 100% de PIB aujourd’hui.

Bref notre dette fédérale s’est accrue de 60 milliards d’EUR de 2007 à 2010 (280 milliards en 2007, 340 milliards au 30 juin 2010) Pour rappel l’Etat, c’est  nous, la dette aussi nous appartient…

Quels sont les défis majeurs de demain ?

De manière non exhaustive on peut en identifier des essentielles :

1°) Le coût du chômage explose (7,7 milliards d'allocations en 2010), le taux d’emploi reste en dessous de la moyenne de nos voisins, les soins de santé sont chroniquement plus couteux d’année en année. Ces paramètres n’améliorent pas les recettes de l’Etat, or sa principale source de revenu (mais pas la seule) repose précisément sur l’impôt des personnes physiques, ensuite la TVA (consommation) et loin derrière l'impôt des sociétés. En outre les cotisations sociales prélevées (salariales et patronales) financent l'ONSS autre mastodonte très couteux.

Il faut donc augmenter le taux d’emploi pour élargir l’assiette sur laquelle s'appuie les revenus (recettes) de l’Etat

2°) Le financement des pensions va devenir de plus en plus lourd à supporter, il faut aussi savoir que ce sont les travailleurs actuels qui financent les pensions actuelles. Le nombre de pensionnés augmentant, croisé à des phénomènes tels que l’allongement de l’espérance de vie, et un taux d’emploi en baisse, indiquent que son financement va reposer sur une base de plus en plus étroite. L'Etat avait créé un fond de financement des pensions en vue de cet accroissement des dépenses. Il n'a plus été financé depuis 2007.

On a souvent pensé que ce problème serait résolu, partiellement ou totalement par la croissance. La croissance, comme les arbres ne montent pas au ciel, n’est pas infinie, au demeurant nous venons de vivre une récession (croissance négative) à l’échelle mondiale. Bref, il faut imaginer d’autres sources de financement complémentaire ou alors c’est l’aventure. Monsieur Daerden ne fera pas des miracles, même s’il trouvait ca drôle. (wit boek).

Quels sont les leviers possibles ?

L’Etat peut diminuer ses dépenses, accroître la pression fiscale (impôts directs et indirects) donc ses rentrées ou les deux. Mais il y a des limites au-delà desquelles il est difficile d’agir. Une pression trop forte sur la fiscalité entraine des réactions en chaine, notamment la diminution de la consommation, donc de l’activité, donc des recettes. Avec comme effet retour de plomber un peu plus le taux d’emploi et donc la charge de l’Etat (chômage en hausse, recettes ( IPP + TVA) en baisse).

Diminuer les dépenses risque de ne pas être suffisant, avec une dette qui atteint les 100% des richesses que nous produisons en un an, et sachant que l’Etat consacre 30% de son budget à rembourser les intérêts de la dette.

En 2010 l’Etat budgétise des dépenses primaires (hors  charge d’intérêt) de l’ordre de 39 milliards d’EUR. La charge d’intérêt du budget 2010 (de la dette)  s’élève à 12,6 milliards. Ca représente donc un tiers des dépenses primaires de l’Etat. C’est dire si la dette et ses intérêts pèsent horriblement lourd dans notre budget et donc l’importance de la juguler au plus vite.

L'ONSS, autre gros morceau des dépenses publiques, représente 62,5 milliards de dépenses (2010)

Ce bref exposé contient des raccourcis, il ne s’agit pas de faire un cours d’économie sur les finances publiques et leur fonctionnement, ni d’être exact au centime près. Néanmoins, dans les grandes lignes, il devrait permettre de comprendre le principe large des enjeux politiques actuels. Nous sommes loin, mais alors très très loin de simples crispations communautaires et institutionnelles.

Au delà des chiffres, des transferts, des révolutions, il y  a des dettes et de solides raisons d’y remédier.

Sources : http://www.itinerainstitute.org/fr/bibliotheque/publications-presentations-externes/_paper/analysis-of-the-belgian-budget-2010-2011/

http://www.ccrek.be/docs/Reports/2009/2009_23_Budget2010.pdf

 

 

 

 

17:44 Écrit par Olivier Baum Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |  Facebook |

12.08.2010

Mai 2007 – Aout 2010 : Douze mois d’affaires courantes sur 39 mois de législature

C’est le triste bilan affiché par le gouvernement fédéral depuis la période orange bleue suivie de ses nombreuses péripéties.

Ainsi, notre gouvernance fédérale, paralysée par les querelles communautaires et linguistiques aura passé près d’un tiers de son temps en semi léthargie, ne disposant pas des pleins pouvoirs. Rien n’aura été épargné aux citoyens, en passant d’une gouvernance intérimaire, par des budgets adoptés en douzièmes par les chambres, ou encore par des démissions à répétition.

Or, depuis 2007, le monde aura été secoué par un crise bancaire et économique sans précédent, l’Etat a du pallier au risque de faillite des banques du Royaume, ceci au travers d’une polémique qui, aujourd’hui encore, coûte cher à Didier Reynders, aux petits actionnaires de Fortis et aux citoyens dans leur ensemble.

C’est ainsi, qu’on nous annonce une révolution copernicienne des institutions belges, partant de là, tout semble se heurter à la vision divergente des principales composantes communautaires du pays. Comme écrit précédemment, pour le nord, il faut communautariser les compétences fédérales, pour les autres il faut les régionaliser.

Comme exposé, la vision néerlandophone du fédéralisme communautaire  représente un piège flagrant. Singulièrement pour le statut de Bruxelles et de ses habitants qui se verraient contraint d’opter pour une appartenance communautaire en matière de soins de santé, d’allocations familiales, d’emploi, de justice…

Le piège ne réside pas tant dans l’identification forcée des bruxellois vers une communauté linguistique plutôt qu’une autre, mais bien dans ce qu’en feront les dites communautés par la suite. Nul ne peut ignorer que la tentation sera grande, pour la communauté flamande de revendiquer d’autres droits de tutelle sur Bruxelles en vertu d’un nombre confortable de citoyens économiques qui en dépendrait à l’avenir.

C’est aussi une manière indirecte de faire l’impasse sur le caractère bilingue de Bruxelles pour les matières qui seraient ainsi communautarisées.

Nous sommes donc bien éloignés du simple concept de la scission de l’arrondissement de BHV réclamée avec force et acharnement par la flandre depuis des années. Les francophones, en n’aboutissant pas en 2007, ont quelque part forcé le destin et permettent aujourd’hui à des partis, tels que la NVA, d’augmenter considérablement le seuil des exigences ; sans nul doute, le refus opposé par les partis francophones de 2007 revêtait un caractère tout aussi obsessionnel que la volonté flamande d’obtenir cette scission.

Visiblement, le PS et son préformateur Elio Di Rupo, ne sont plus opposés au principe d’un glissement important de compétences du fédéral vers les régions. En cela, les socialistes semblent rejoint par le SP A, les Verts et le cdH. On notera, que le PS règne sur la région wallonne depuis sa création, quelque part, le PS sera donc le premier bénéficiaire de tels transferts vers l’ entité qu’il contrôle politiquement du sommet à la base. L’augmentation du pouvoir régional ne pourra que renforcer la puissance de la pieuvre socialiste, pour rappel, outre les mandats électifs directs, le PS se partage aussi la grosse part de la multitude de mandats dérivés au sein des OIP, Invest, ASBL et intercommunales.

S’il s’agit de régionaliser à tout va et de redessiner en profondeur la carte des institutions belges, il faudrait, alors, aussi songer à une révolution en matière de gouvernance. Nous en sommes très loin, singulièrement en matière de cumul des mandats, en matière de transparence, en matière de contrôle démocratique. Les leviers du pouvoir et de l’argent conférés à un parti tout puissant ne paraissent pas de bon augure au regard des événements passés au sein du PS.

C’est Bart De Wever qui affirmait encore il y a quelque mois, qu’il ne serait jamais possible de pratiquer la bonne gouvernance tant qu’il y aura le PS en face. En obtenant le transfert massif des compétences fédérales vers les entités fédérées Bart De Wever dit aux wallons, vous votez PS, débrouillez vous avec le PS, il s’agit de politique étrangère. Cette vision du président de la NVA symbolise la césure politique qui fait qu’en flandre ont vote pour une droite conservatrice et en wallonie pour une gauche progressiste. Scission politique du pays qui prédestine à sa scission pure et simple aux yeux de certains.

Aussi, Elio Di Rupo serait bien inspiré de revalider son parti, ses pratiques et de soumettre ses barons locaux à des principes clairs de bonne gouvernance. Sans cela, la Wallonie va voir croître une nouvelle génération de parvenus aveuglés par ces nouveaux pouvoirs qui leur seront délégué. A côté de cela, les célèbres apparatchiks corrompus qui ont défrayés la chronique médiatique et/ou judiciaire passeront pour des enfants de cœur.

Le principe est simple, l’exemple devra venir d’en haut, les décideurs devront donc se montrer à la fois, déterminés, responsables et au-dessus de tout reproche. Il faudra doter la probable confédération Wallonie-Bruxelles d’un projet fort, ambitieux et fédérateur. Il faudra rompre avec la politique clientéliste et oser des décisions pas forcément populaires, y compris au sein de son électorat naturel.

A ce titre, il ne serait pas stupide d'entreprendre une révolution des moeurs politiques. On pourrait, par exemple, abroger le cumul des mandats directs et dérivés abondamment répartis par les présidences de partis vers leurs obligés, ceci en vertu de la clé de partage baptisée clé D'hondt.

C'est une façon comme une autre de réduire l'armée d'apparatchiks au profit d'un élargissement démocratique, un mandat par personne, pas plus.

Pas plus stupide non plus de rompre avec le système électoral actuel, qui d'illisible et nourri d'incompréhension, perverti singulièrement sa portée démocratique. Qui comprend encore que l'élu X élu ne siègera pas, alors que l'élu Y ,qui fait moins de voix, siègera ? Qui comprend le mécanisme d'apparentement qui dénature fondamentalement l'acte civique de voter. Comment peut-on tolérer que des élus qui additionnent les mandats privés et publics snobent les assemblées et ne se déplacent que lorsque les quorums sont requis ? Comment peut-on être à la fois Ministre, Président de parti, candidat et prétendre agir pour le bien commun ? Peut-on plus longtemps tolérer des pratiques borderline à l'occasion des campagnes électorales, ou tous les coups sont permis pour faire des voix ? Qu'en est-il des chambres constituées, les parlements, qui censés contrôler le pouvoir exécutif ne semblent qu'entériner les décisions des présidences de parti ? Les parlementaires sont-ils de simples presse-bouton ?

La Belgique se singularise par l'équipollence des normes, autrement dit, il n'existe pas d'arbitrage réel entre les lois fédérales, les décrets ou encore les ordonnances. N'est-il pas temps de mettre en place un véritable arbitrage entre ce fatras de niveaux de pouvoir, parfois contradictoires ou à tout le moins conflictuels ? On évoque la possible suppression du Sénat, ne faut-il pas imaginer de le refonder en organe d'arbitrage souverain entre les entités fédérées.

Sur le plan de la solidarité, elle ne peut être efficace et acceptée que si elle repose sur un principe de loyauté entre ses bénéficiaires et ses contributeurs. Elle ne constitue donc pas un droit absolu mais un devoir qui doit reposer sur un juste équilibre entre les uns et les autres.

Aussi, faudra-t-il oser remettre en question ce qui ne fonctionne plus ou ce qui est devenu impayable, ceci à chaque échelon de l’Etat ou de ses entités. Le pragmatisme ne se résume pas à ce que chaque partie s’arroge son territoire de compétence et ne se préoccupe plus de ce qui se passe à côté.  Pas plus que cette volonté de saucissonner le fonctionnement de l’Etat en l’éclatant vers les régions et les communautés ne peut engendrer un coût supérieur et une efficacité moindre que sa gestion commune au niveau fédéral.

Ou alors il faut garder raison et oser affirmer sa logique politique finale, c’est à dire le vœu caché de scinder le pays, en cela Monsieur De Wever devrait être clair, que veux-t-il exactement ? Prétendre arracher un accord pour mieux rebondir ensuite sur son véritable agenda ne serait pas correct. On ne peut d’un côté prétendre aspirer à un meilleur fonctionnement dans l’intérêt de tous et en même temps plaider indirectement pour l’évaporation du pays. Demander aux francophones de se faire harakiri pour plaire à l’électorat incertain de la Nva ce n’est pas une option politiquement et démocratiquement correcte.

Les défis sont majeurs, ils ne peuvent être contournés et ne s'arrêtent pas à BHV ou aux simples transferts de compétences, il est minuit moins cinq et le politique, aussi, devrait se remettre en question.

A défaut, l'antipolitisme et la radicalisation ont de beaux jours devant eux.


 

11:47 Écrit par Olivier Baum Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

11.08.2010

Régionaliser ou communautariser ?

 

Le pow-pow dirigé par le préformateur Elio Di Rupo tourne, notamment, autour de cette divergence de vue fondamentale, entre les différents négociateurs.

Pour les uns (NVA et CD&V), les glissements doivent être opérés du fédéral vers les communautés, pour les autres, ils ne peuvent l’être, que du fédéral vers les régions.

Le gâteau institutionnel belge à ceci de particulier, qu’il est effectivement découpé en parts inégales régionales et communautaires.

La tranche du centre, à savoir Bruxelles, étant partagée en trois entités fédérées : une région Bruxelles-Capitale et deux communautés (NL/FR).

C’est d’ailleurs pour cette raison essentielle que les francophones ont toujours maintenu la communauté française sans la dissoudre avec le niveau régional. En effet, il n’était pas question de céder aux tentatives néerlandophones de dépouiller peu à peu le niveau de pouvoir que représente pourtant constitutionnellement la région de Bruxelles-Capitale.

Il n’y a donc rien d’innocent, ni d’hasardeux aux velléités conjuguées de la NVA et du CD&V pour qui, Bruxelles, n’est pas vraiment une région à part entière, mais tout au plus une sorte de sous-région qui devrait, selon eux,  être sous tutelle des deux communautés linguistiques, voire de la région flamande et wallonne si on parle budget.

Imaginer la communautarisation des compétences liées, par exemple, aux allocations familiales entrainerait de facto un double régime en région bruxelloise. Imaginons que le système retenu par la communauté flamande soit bien plus avantageux que ce que  pourrait concéder la            communauté française.

A terme imaginons qu’une proportion non négligeable de résidents bruxellois optent alors pour le système  le plus intéressant et s’identifient donc, comme ‘ressortissants de la communauté flamande’. Nous ne serons plus loin des prochaines revendications flamandes sur Bruxelles se justifiant de ses nouveaux et nombreux attributaires sociaux.

Une manière comme une autre de récupérer l’échec des tentatives de flamandisation de Bruxelles.

Bref exit la région bruxelloise et voilà la porte ouverte à la tutelle mixte des deux communautés linguistiques (ou régions) sur Bruxelles.

Si la flandre politique souhaite obtenir l’activation de l’article 35 de la Constitution, qui précise ceci :

« L'autorité fédérale n'a de compétences que dans les matières que lui attribuent formellement la Constitution et les lois portées en vertu de la Constitution même.

Les communautés ou les régions, chacune pour ce qui la concerne, sont compétentes pour les autres matières, dans les conditions et selon les modalités fixées par la loi. Cette loi doit être adoptée à la majorité prévue à l'article 4, dernier alinéa. »

(Autrement dit une sorte de ‘confédéralisme’ qui n’en est pas réellement un, dans la mesure ou une véritable confédération est mise en place par des nations et non pas par des entités fédérées d’une Nation-Etat, notre cas belgo-belge.)


Alors ces partis devraient cesser d’opposer la voie de la communautarisation à celle de la régionalisation, en effet, les compétences communautaires reposent essentiellement sur l’enseignement, la culture et le bien être. L’article 127 de la Constitution précise :


Art. 127 (modification de la terminologie)

§ 1er. Les Parlements de la Communauté française et de la Communauté flamande, chacun pour ce qui le concerne, règlent par décret :

1° les matières culturelles;

2° l'enseignement, à l'exception :

a) de la fixation du début et de la fin de l'obligation scolaire;

b) des conditions minimales pour la délivrance des diplômes;

c) du régime des pensions;

Autrement dit, la voie de l’autonomie tant voulue par la NVA et consorts, passe naturellement par la régionalisation des compétences fédérales. Elle doit, de surcroît, être suivie de financements proportionnels aux compétences à exercer, ceci, respectivement par chaque région visée, dont Bruxelles.

Mais Bart voudrait t-il le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière ?

La réalité semble assez simple à cerner, d’une part la NVA se définit par un programme clairement séparatiste. L’objectif, non défini dans le temps, du programme politique nvéiste consiste à favoriser l’évaporation de la Belgique et de ses institutions. Ceci, au profit d’états-régions européens, linguistiquement et culturellement homogènes.

Bruxelles étant le caillou dans la chaussure de De Wever. En effet, abandonner Bruxelles ne risque pas de passer dans l’opinion flamande et pour l’heure, la flandre ne parvient pas asseoir son hégémonie sur la région capitale.

Elio Di Rupo et les négociateurs francophones n’ignorent pas la stratégie constante et sournoise qui mènera tôt ou tard à rencontrer les objectifs nationalistes et surtout électoralistes de la NVA et probablement du CD&V.

Doivent-ils pour autant capituler face au raz de marée électoral de la NVA ? Certainement pas, mais il est plus que temps d’opposer aux néerlandophones modérés (s’il en reste) une alternative crédible, équilibrée et respectueuses des droits et devoirs de chaque région et communauté. En ce compris de rendre à Bruxelles son rang de région à part entière.

Existe-t-il un projet construit, du côté francophone, à proposer aux négociateurs flamands ?

Le PS a-t-il reçu de l’électeur le mandat pour démembrer ou participer au déshabillage de l’Etat Fédéral au profit des régions. Ceci sans que l’électeur, ne puisse en connaître toutes les conséquences positives ou négatives au préalable ?

Les citoyens francophones, néerlandophones et germanophones ne sont-ils pas en droit de décider d’une telle mutation fondamentale de la Belgique et de son fonctionnement ou d’au moins être valablement consulté au préalable ?

A-t-on seulement voté le 13 juin dernier sur de tels sujets et de manière éclairée ?

 

Poser ces questions n'est pas de nature à criminaliser ou à tenter de renverser la légitimité démocratique des négociateurs. Néanmoins, il y a matière à réflexion et à éclaircissement. La Belgique est plus que jamais inféodée au régime particratique. Les intérêts des partis ne sont pas nécessairement corrélatifs à l'intérêt général.

On nous parle d'équilibre, d'éviter le chaos, de répondre aux 'vrais problèmes' des gens. Mais quel est le négociateur qui serait capable de démontrer que ces propositions sont les bonnes ? Où se situe le juste équilibre entre une rivalité culturelle et linguistique (même si elles ne reposent que sur des aspects hautement discutables) et l'intérêt général.

Parlant de plus-value pour la maison Belgique, ces mêmes négociateurs et gagnants des élections sont-ils seulement capables de déterminer les objectifs pragmatiques que nous devons poursuivre et de démontrer que la révolution copernicienne est 'la' solution ?

Une certaine opinion aura beau se moquer d'invétérés belgicains qui idéalisent encore à la Belgique de Papa, jusqu'à preuve du contraire cette Belgique là, jouit encore d'une expérience et d'une histoire éprouvée  depuis la naissance de l'Etat Belge.

C'est peut-être dans la culture politique belge d'imaginer sans cesse des montages institutionnels compliqués, voire tordus, mais que de temps perdu. Ostende ne sera jamais éloigné d'Arlon que d'une poignée de kilomètres. Cela, tous les compromis du monde n'y changera rien.

Je vous invite à prendre lecture d'un article intéressant publié par La Libre ce jour

 



 

 

 

 

19:13 Écrit par Olivier Baum Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

08.08.2010

Les vacances du pouvoir et l’agenda personnel de Joëlle Milquet.

Cette période de forte instabilité institutionnelle, ou le pays navigue à vue depuis trois mois suite à la dissolution des chambres est marquée par les vacances du pouvoir et les vacances tout court.

Il est légitime de se ménager des périodes de repos et de privilégier des périodes réservées à la famille. Madame Milquet avait laissé entendre sur les plateaux télé qu’elle espérait pouvoir bénéficier d’une petite semaine de break estival durant les longues négociations fédérales. Le cumul des pouvoirs (Ministère et présidence de parti) doit être fort prenant et ne laisse que peu de temps aux loisirs et à la famille.

C’est ainsi qu’à la fin juillet, le préformateur Elio Di Rupo, après avoir rencontré le Roi et vu sa mission être prolongée jusqu’à la mi-août décide de tenir compte des aspirations récréatives et estivales de certains des négociateurs. Une petite semaine d’interruption, mais l’assurance de maintenir les contacts bilatéraux grâce à ces ‘merveilles technologiques’, Blackberry et Skype. Merveilles qui permettent de négocier en temps réel entre le Boulevard de l’empereur et Bodrum par exemple.

Tous savent, même si Di Rupo n’entend pas l’admettre, que le 16 aout sonne comme une deadline. Le préformateur devra à l’occasion de sa prochaine rencontre royale sortir du mutisme et soit constater l’échec des négociations, soit endosser la cape de formateur de la prochaine équipe fédérale. Ou encore grappiller quelques délais ultimes dans l’espoir d’aboutir.

Ce fameux momentum est donc bel et bien proche de sa fin, il reste tout au plus 8 à 10 jours pour écrire la fin de l’histoire ou au contraire ouvrir l’ère nouvelle constatant ces fameux glissement du fédéral vers les entités fédérées et de mettre en place un vrai programme socio-économique dont ce pays manque cruellement.

A la fin de la semaine passée, le porte-parole du préformateur annonce que les réunions plénières des négociateurs reprendront ‘en principe’ mercredi prochain. Soit à moins de 5 jours de l’échéance. Ce dimanche, en lisant l’édition dominicale de la Dernière Heure, l’ont apprend qu’en réalité, cet agenda est la conséquence du retour de vacances annoncé de Madame Milquet mercredi prochain. Bref le mini trip de la présidente du cdH prolongé de trois jours et les négociations amputées du même timing.

C’est ainsi que certains prennent leurs responsabilités, s’agit-il de désinvolture, d’irresponsabilité chronique ou plus simplement d’un manque total de sens de l’Etat. Il serait bon que le cdH envisage plus que sérieusement de se montrer à la hauteur de ses ambitions et que ce parti ne s’étonne pas si les négociateurs flamands commencent à la trouver mauvaise d’ici quelques jours.

En effet, on voudrait se foutre du monde qu’on ne pourrait s’y prendre mieux. Pour mémoire, ce pays et ses plus de dix millions d’administrés attendent de la part des élus et des présidents de partis des solutions communautaires, institutionnelles et économiques. L’Europe, les marchés et les spéculateurs ont notre pays en ligne de mire, à la rentrée la Belgique doit assumer pleinement sa présidence, et nous sommes au milieu du gué en ce qui concerne les accords hypothétiques de coalition fédérale.

Alors les vacances, on pourrait peut-être y penser après avoir fait son job et honoré son mandat délivré le 13 juin dernier. Mercredi, il restera à peine 5 à 6 jours pour aboutir, surtout que le cdH ne vienne pas se plaindre si ce n'est pas le cas, faute de temps... Madame Milquet, prenez vos responsabilités ou prenez votre retraite.

12:17 Écrit par Olivier Baum Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

03.08.2010

Quand BHV devient anecdotique, les francophones se résignent.

Quel changement profond des mentalités en moins de trois ans. De 2007 à 2010, la francophonie politique et ses commentateurs et éditorialistes sont passés d’une logique conservatrice ‘on n’est demandeur de rien’ à une logique de résignation en évoquant l’activation de l’article 35 de la Constitution.

Résignation, le mot est fort, mais c’est le constat d’une flandre politique qui désormais affiche sa volonté sans complexe, presque conquérante, d’obtenir l’autonomie la plus large possible. Sur ce plan, les francophones, ses politiques et faiseurs d’opinion y semblent en effets résignés, à défaut d’imaginer d’autres destins.

Pour le commun des mortels, ceci résonne peut-être comme une simple étape politique de plus, les institutions du Royaume poursuivraient leur évolution naturelle. Pourtant c’est tout autre chose qui s’annonce. En inversant le fonctionnement actuel, on aboutit en réalité à un transfert total vers les régions et communautés, qui décideront souverainement de ce qui sera remis dans le pot commun de l’étage fédéral. Par exemple l’armée, la politique étrangère et quelques autres matières ou les rivalités communautaires restent sous contrôle.

Bart De Wever évoquait récemment sa lecture de l’évolution belge, n’hésitant pas à la comparer à la théorie de l’évolution de Darwin, celle là même dont le principe veut que les espèces les plus fortes subsistent face aux plus faibles. La Belgique et son montage institutionnel seraient donc livrés à une simple théorie basée sur les rapports de force entre deux communautés linguistiques. Lui qui rêve de l’évaporation de la Belgique, tout porte à croire que ses rêves deviennent peu à peu réalité. Tandis que politiquement parlant, les francophones ont atteint un cap important en reconnaissant pleinement que le fédéralisme actuel est désormais sous assistance respiratoire.

En avril 2010, le gouvernement Leterme est tombé sur un coup de poker d’Alexander De Croo sur BHV, aujourd’hui BHV est devenu anecdotique, ce qu’on nous prépare, c’est une révolution profonde du système institutionnel qui n’a plus rien de comparable avec la simple scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvoorde. Même la nomination des bourgmestres francophones de la périphérie est devenu un ‘détail’ non significatif de la politique belge. Bref, tout ce que le monde politique aura vendu aux électeurs à l’occasion des récentes campagnes électorales est parti en fumée. Peu à peu l’opinion est préparée à un séisme profond, chaque entité prendra donc ses responsabilité et se verra accorder des pans entiers de matières fédérales, ne laissant que quelques sujets communs qui restent à définir.

J’imagine que ces longs plaidoyers pour un contrat belge renouvellé s’appuient sur d’autres arguments que la résignation face à l’autonomisme flamand, car on parle peu, voire pas du tout, des conséquences pratiques à court, moyen et long terme, de cette fameuse révolution copernicienne des institutions. Ni même d’un projet francophone alternatif, comme si au fond, personne ne s’attendait au tsunami politique du 13 juin.

La Flandre politique a déjà gagné, elle est parvenue à faire rendre les armes, il n’y a plus côté francophone, de contradicteurs, allons-y pour le divorce amiable et un nouveau contrat de vie commune mais en chambre séparée A.U.B

Mais gare à l’addition, en effet, une fois la boite de pandore ouverte, où se situeront les points d ‘équilibre, où s’arrêtera la logique autonomiste et du chacun pour soi, qui peut garantir aujourd’hui, que demain ces mêmes entités n’entameront pas sérieusement la solidarité sociale, ONSS, pensions, soins de santé, etc…

J’ai souvent entendu que la Belgique fédérale ne fonctionnait plus, que pour le bien de tous, il valait mieux aboutir à d’autres pactes, d’autres formes évoluées, bref aller vers le confédéralisme.  Mais a-t-on réellement perçu les retombées économiques et sociales de tels bouleversements ? L’électeur est-il, oui ou non, en droit de connaître le tarif de ce luxe. Peut-on démontrer, que ce qui sera vendu demain à l’opinion est profitable et si oui à qui ?

Le tout étant d’être capable d’aller au bout des logiques que l’on défend, soit le maintien d’un Etat fédéral fort, soit l’article 35, le confédéralisme et un pot commun réduit aux bonnes grâces des entités fédérées. Mais dans le second cas, prière d’afficher le cout des plats sur le menu proposé et de garantir que la cuisine ne sera pas en rupture de stock.

En ce qui me concerne, dire amen sans savoir où l’on va exactement, c’est pure folie. Le sort de Bruxelles, le financement des pensions et de la sécu, le financement de la dette publique (+de 100% du PIB). Toutes réalités que l’article 35 ne solutionne pas à lui seul. Alors nous faire croire que tout sera réglé en huit jours de préformation et entre 7 partis...

09:12 Écrit par Olivier Baum Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

01.08.2010

Pourquoi la NVa n’est-t-elle pas si indispensable

La curiosité des élections fédérales belges consiste à imposer à l’opinion une grille de lecture des résultats, fondés sur les sous-résultats communautaires.  Précisément on désigne donc les vainqueurs et les perdants dans chaque groupe linguistique, ensuite on en tire les conclusions pour réunir les invités aux négociations.

Cela peut paraître logique, dans la mesure ou, autre particularité oblige,  il y a parité linguistique au gouvernement fédéral. D’ailleurs du côté flamand on se complait à relever que par ce jeu là, le cdH pourrait compter autant de ministres que la NVa, alors que le cdH compte trois fois moins de voix que la Nva au regard des résultats nationaux.

L’électeur belge vient de participer à des élections fédérales nationales, la tradition veut que la plus grande famille politique mène la danse et fournisse le premier ministre. En l’occurrence, la famille socialiste belge détient 39 sièges et représente 22,94% de l’électorat belge. Juste derrière, la famille libérale compte 31 sièges et affiche un score de 17,92% des votes. Ensuite la fameuse NVA, à elle seule monte sur la troisième marche du podium en arrachant 27 sièges et 17,40% des voix, exclusivement flamandes. Les socio-chrétiens talonnent la NVA avec 26 sièges et 16,37% de votes. Lanterne rouge, les écolos avec 13 députés et 9,18% au compteur de voix.

Dès lors, en appliquant une lecture strictement fédérale aux résultats, la NVA, troisième parti mène la danse et semble fixer le seuil sous lequel il n’y aurait pas d’accord de coalition. Pratiquement, on pourrait légitimement se passer de la NVA, les trois grandes familles traditionnelles, socialiste, libérale et sociale-chrétienne représentent une large majorité de 96 sièges à la chambre. Certes, pas assez pour atteindre les deux tiers indispensables à une réforme de l’Etat, mais majorité quand même.

Les électeurs flamands, sur un plan national, ont plébiscité deux minorités politiques isolées, d’abord la NVA et son programme indépendantiste, mais ils ont aussi maintenu 12 sièges en faveur des extrémistes du Vlaams Belang. Si l’électeur flamand accorde pas loin de la moitié des sièges de sa représentation parlementaire à des partis minoritaires sur le plan fédéral (NVA, VB et LDD), en ce sens qu’ils n’ont d’équivalent dans l’autre communauté, il ne faut pas s’étonner par la suite, d’un blocage politique autour de la formation d’un gouvernement fédéral.

La NVA n’est pas un parti incontournable, loin s’en faut. D’autres formes de coalitions sont possibles, même s’il est vrai qu’au vu des rapports de force au Nord, il faudra ratisser large et unir 3 ou 4 familles politiques pour mener la tête du pays. Il faudrait aussi, que les libéraux prennent leurs responsabilités, tant au nord qu’au sud.

C’est facile à écrire, malheureusement, la logique et les intérêts des partis ne sont pas toujours ceux de l’intérêt supérieur de l’ensemble des citoyens. On nous parle de chaos en cas d’échec, de crise comme le pays n’en a plus connue depuis des lustres. Mais politiquement, il n’y a aucune raison objective de continuer à se mettre la tête dans le sable. Aux partis traditionnels de savoir ce qu’ils veulent, ce qu’ils sont prêts à faire et surtout de démontrer qu’ils sont aptes à maintenir l’Etat Belge à flot. Au moins les choses seraient claires et nous éviterions de perdre un temps précieux et usant.

Imaginer un seul instant que Di Rupo pourra amadouer Bart le Tisseur, que Milquet pourra réfréner sa vision institutionnelle du pays, que le CdV ne finira pas par ruer dans les brancards en devant collaborer avec son désormais principal adversaire politique (la NVA) en flandre. C’est de l’hérésie politique qu’on est occupé à nous vendre à coup de préformation, de concilier l’inconciliable ou de travaux  titanesques.

Il est temps, pour les partis francophones, d'enfin aider leurs homologues flamands à justifier devant leur opinion d'un accord équilibré. Il est temps de reconnaître que le CD&V a eu le courage de se séparer de la NVA après l'échec de l'orange bleue. Même si c'est Y. Leterme qui a porté De Wever là ou il est arrivé aujourd'hui. Il est peut-être temps de comprendre que les partis francophones et cette politique du pourrissement institutionnel aura considérablement affaibli les partis traditionnels flamands face à la montée en puissance du nationalisme. C'est peut-être cela le plan B, faire comprendre à la NVA qu'elle ne dictera pas l'agenda fédéral, qu'il y a en face d'autres interlocuteurs fiables, démocrates et prêts à se joindre à l'effort.

Car, quitte à trouver de grands accords institutionnels, ne serait-il pas plus opportun qu'ils se concluent entre les 3 familles traditionnelles, au besoin soutenues par les Ecolos, plutôt que de risquer de faire de Bart De Wever un demi-dieu politique chez les autonomistes flamands ?



 

10:30 Écrit par Olivier Baum Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |  Facebook |

23.07.2010

Pression à froid sur l’Olivier francophone

Il s’agit du débat politique de l’été, faire monter Ecolo sans Groen au fédéral. La majorité flamande qui se dessine, composée de la Nva, du SP A et du CD&V ne voudrait pas du petit frère Groen au sein d’une coalition. Du côté francophone, même si certains pontes écolos le nient, la pression augmente pour forcer la main des verts francophones. Tour à tour, PS, cdH et SP A y vont de leur appel du pied médiatique pour que les écolos prennent leurs responsabilités. Or les verts du nord et du sud forment un groupe politique, d’ailleurs  le seul qui subsiste dans ce pays. Quoi de plus normal que de s’inquiéter d’être amputé de leur allié naturel flamand, même si ce dernier ne compte que cinq sièges.

Imaginatif, le préformateur socialiste envisage dès lors une double négociation, d’abord institutionnelle, pour laquelle il faut réunir une majorité des deux tiers à la chambre (100 élus sur 150), ensuite une formule à majorité simple pour un gouvernement socio-économique débarrassé de l’épine communautaire (Dans ce cas le tandem PS-cdH pourrait suffire côté francophone).

Tout indique donc, que la scission de BHV reste un préalable à toute négociation, comme prévu, les partis flamands entendent bien l’obtenir, non pas dans plusieurs mois mais demain. C’était plus que prévisible et tous les signaux vont dans ce sens, du discours royal à l’occasion de la fête nationale, en passant par les nombreuses déclarations dont on peut aisément y décrypter cette évidence politique.

Parallèlement, on peut noter que ce fameux front des partis francophones, qui aura conséquemment rigidifié le dialogue intercommunautaire depuis 2005 semble avoir volé en éclat. Alors que durant la campagne, chacun rappelait cette nécessité à ce que les francophones restent unis face à l’adversité communautaire, aujourd’hui c’est le maquis, oserait-on dire le chacun pour soi. Le MR ne manque pas de le rappeler, mais le MR n’est plus considéré comme un partenaire fiable, dans la mesure ou le mouvement réformateur est tiraillé de l’intérieur entre ces différentes obédiences.

Le paysage politique reste donc KO suite aux élections anticipées du 13 juin dernier.  Il faut dire qu’à part le VLD, personne n’en voulait vraiment de ces élections, tous savaient que les lendemains seraient laborieux. On peut néanmoins s’étonner que l’alliance naturelle et le souci d’une dynamique d’homogénéité politique qui avait motivé Ecolo à opter pour des Oliviers régionaux en juin 2009 n’emporte guère d’enthousiasme cette fois. Signe qu’aux régions, l’Olivier n’a pas encore porté de fruits suffisants quoi qu’ils en disent.

Last but not least, la rumeur autour d’un accord de principe selon lequel un enfant belge ne sera plus l’égal d’un autre enfant belge, traduction les allocations familiales seraient totalement ou partiellement confédéralisées, première entorse à la solidarité sociale.

BHV, saucissonnage de l’emploi, des allocations familiales et de quoi d’autre encore,  c’est le résultat du vote du 13 juin. Certains y voient la prise de responsabilité (émancipation ?) des régions et communautés du royaume. En fait tout semble se résumer au fric, aux jeux de pouvoir et à cette nonchalance politique qui a coupé ce pays en deux en moins d’un demi-siècle. Succombant à la particratie, la Belgique se tourne résolument vers la multiplication des baronnies politique locorégionales, symbolisant un repli communautaire (identitaire ?) orchestré par des politiciens apprentis sorciers.

On nous explique que ces résolutions ont pour objectif de relancer les institutions, quelle hypocrisie, à l’heure ou l’on se ridiculise au sujet du choix retenu concernant la couleur des futures plaques d’immatriculations, exemple parmi les exemples de la complexité obsessionnelle du dialogue intercommunautaire. Le compromis à la belge a du plomb dan l’aile et se mue peu à peu en vaudeville politique médiocre.

 

11:31 Écrit par Olivier Baum Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

20.07.2010

Le préformateur Elio Di Rupo au milieu du gué

En synthèse, Ecolo mis sous pression répond au préformateur Di Rupo, ouvert(s) à la discussion mais pas sans Groen. Sans oublier de faire remarquer qu'aucune note, aucune grande ligne sur les aspects de la future négociation gouvernementale ne leur sont parvenues. Regrettant que le cdH, lui, aurait pourtant bien reçu certaines notes du PS.

A plus de 5 semaines des élections, tout indique que les deux gagnants des élections, PS et Nva sont encore très loin d'aboutir. Ce qui augure de la difficulté à cerner ces fameuses convergences autour desquelles pourraient graviter une coalition fédérale.

Rien d'anormal, en 2007, l'orange bleue accouchait, dans la douleur et après 6 mois de palabres stériles, d'un gouvernement intérimaire, alors qu'in fine, les enjeux étaient moindres, à savoir pas encore de crise économique révélée et des exigences de réformes communautaires et institutionnelles moins affirmées dans leur ampleur qu'actuellement.

Il y a juste que le temps joue contre nous, dans la mesure ou la Belgique, n'a plus le luxe de se permettre de l'immobilisme au regard de son endettement. D'abord parce que sans mesures restrictives et conservatoires, le pays va devoir payer une montagne d'intérêts si la dette file, ensuite parce que l'étau Européen se resserre vis à vis des pays récalcitrants à adopter plus d'orthodoxie budgétaire. Vu de l'Europe, les conflits communautaires belgo-belges ne sont rien en regard des défis qui s'imposent à chaque Etat Membre de l'union.

Il reste donc, outre à assoir des partenaires autour de la table, à définir les grandes lignes de politiques économiques, budgétaires et sociales (emploi-pensions), le tout arrosé de la nécessité impérieuse de trouver deux bonnes dizaines de milliards à épargner ou à taxer dans les 3 ans. Il y a bien les régionalistes de tout bord, convaincus que chaque région et communauté peut assumer son destin dans un paysage institutionnel redéfini. Il y a aussi le rappel récurrent à la solidarité en matière de sécurité sociale, on peut donc envisager plus d'autonomie régionale pour autant que le pot commun aux soins de santé reste intact.

Au delà de ces aspects, plutôt classiques, il y a aussi la démonstration, que ce pays, même sans gouvernement fédéral aux pleins pouvoirs, fonctionne. Les instances communautaires et régionales continuent de faire fonctionner la maison Belgique et ce même si le jardin est en feu. C'est peut-être le seul avantage de notre démocratie, quand rien ne va, tout va en apparence au moins.

C'est une guerre d'usure politique, qui de conflits en sonnette d'alarme, d'élections en démissions, mène peu à peu au résultat tant attendu par une minorité politique incarnée par des partis tels que la Nva. Le résultat est flagrant, d'une part en mesurant  la légitimité électorale donnée à la Nva et surtout en constatant l'évolution du discours politique francophone qui de 2007 à 2010 est passé du 'on est demandeur de rien' à 'il faut une grande réforme'. Ce qui me pousse à penser, que le système électoral belge à la proportionnelle favorise les éternelles alliances entre des relativement petites formations à l'échelle fédérale. Ce qui induit le mal qui ronge le système. Dans les faits, la scission linguistique et communautaire politique entraîne de facto la scission institutionnelle, tant les agendas, les intérêts et le corps électoral de chaque communauté sont eux mêmes scindés. De ce constat, on pourra nommer les choses selon sa sensibilité, néanmoins, le 13 juin dernier, ce pays s'est engagé électoralement dans une aventure dont personne ne connait ni l'issue, ni son timing. Aujourd'hui, le pays, avec son préformateur, est au milieu du gué.







 

08:43 Écrit par Olivier Baum Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

19.07.2010

Quelle ligne verte suivra Ecolo ?

Sacré dilemme pour les écologistes francophones, y aller ou pas ? A en croire la presse, il y aurait même eu une sorte de pression, pour ne pas dire chantage de la part du PS. Soit écolo accepte de monter dans une coalition Olivier au Fédéral, soit les verts risquent d’être débarqués des composantes régionales et communautaires.

En juin 2009, Ecolo remporte un beau succès aux élections régionales, devenant la troisième formation politique francophone, coiffant le cdH au poteau. Quatorze sièges plus tard, écolo déchante, les promesses ambitieuses, les grandes réformes de gouvernance, butent sur l’écueil budgétaire laissé en héritage par l’ancienne majorité PS-cdH. Les finances publiques régionales ne permettent pas de mettre en œuvre les grands projets verts, des promesses de la gouvernance qui se heurtent aussi à la mauvaise volonté des partenaires, singulièrement du cdH de ce qu’on a pu en entendre à l’époque (règles de décumul, provinces, etc).

La vie de l’Olivier régional et communautaire n’était et n’est pas un long fleuve tranquille politique. Des marchandages ont eu lieu dès juillet 2009, il y aurait même eu  veto contre l’arrivée de certaines pointures écolos au gouvernement wallon et échange contre le départ de M. Daerden vers le fédéral.

Juin 2010, l’issue des élections fédérales laissent un parti écolo ni perdant, ni gagnant. En réalité Ecolo a perdu de sa superbe et n’a pu une seconde fois, thésauriser sur la mal gouvernance incarnée dans l’opinion par des dinosaures qui ont défrayé la chronique judiciaire et/ou médiatique. C’est vrai, le PS reste un parti fort et difficilement contournable en Wallonie. La toile PS, forte de ses relais syndicaux, associatifs et parfois clientélistes résiste à tous les outrages, même internes.

Ainsi Ecolo perd 100.000 électeurs (entre 2009 et 2010 en RW) et descend du podium pour retrouver sa position de bon quatrième le 13 juin 2010. Chat échaudé craint l’eau chaude, Ecolo ne se montre pas super volontaire pour s’associer à une future coalition fédérale martyr. D’abord parce que Javaux a rappelé durant la campagne qu’Ecolo n’est pas et ne sera jamais le paillasson du PS (sic), ensuite parce qu’il est évident que les mesures que devront prendre les prochains partis de la majorité seront peu populaires, voire imbuvables. Crise oblige, déficit dépassant les 100% du PIB, obligation de résultat avec une deadline fixée à 2013 (22 milliards à trouver au fédéral et un de plus au niveau des entités fédérées). Bref, peu de place pour des décisions flatteuses pour l’électeur et des marges de manœuvres réduites à leur plus simple expression. Le tout corseté dans un conflit communautaire qui lui aussi risque d’être douloureux à faire passer dans l’opinion.

Cela étant dit, un parti se doit aussi de montrer sa capacité à gérer des situations difficiles, voire extrêmes. Un parti doit être capable de prendre des décisions peu populaires mais de bon sens.  C’est une leçon à retenir de cette campagne d’élections fédérales. Comme en 2009, on a soigneusement éludé les débats qui fâchent, l’économique, le social, le budgétaire n’ont pas été des thèmes porteurs. Forcément, comment parler de 22 milliards à trouver en promettant dans le même temps des milliards d’euros de mesures en faveur des électeurs ?

Que d’énergie à consacrer pour justifier du grand écart entre les discours électoraux et la réalité des mesures difficiles qui vont devoir être prises par la future majorité. Comment faire pour ne pas s’aliéner un électorat qui ne comprend plus rien au message politique et qui, à juste titre, estime que ce monde politique là, semble vivre dans un bulle fort éloignée du quotidien des gens et de la réalité qu’ils assument.

Evidemment, si cette campagne électorale avait été courageuse, si ces partis avaient osés faire preuve d’audace en évoquant la situation telle qu’elle se présente et non comme un mirage formaté pour la cause de l’élection, ils n’en seraient pas là. Mais non, on a préféré discuter frites, couleur de slip ou encore manifester toute l’ambiguïté entre la vie et les raisons d’un parti et la vente de poudre à lessiver qui toutes, lavent plus blanc.

Il n’y a pas eu débat, le débat c’est aujourd’hui qu’il a lieu, dans les coulisses du pouvoir des présidents de partis. Loin des yeux et des oreilles de l’électeur. Cela vaut mieux il paraît, sinon les négociations échoueraient dit-on… Cela se comprend, décider de mesures douloureuses cela relève de l’intimité politique, comme le linge sale, il se lave en famille. Rigueur, austérité, peut importe les mots, il faut aussi y accrocher une logique, une consistance, une sortie du tunnel. Montrer que si rigueur il y aura, il y aura aussi changement dans les habitudes politiques,  car  c’est un peu facile de se dédouaner de toutes responsabilités. Notamment et singulièrement lorsque l’on constate que certaines mauvaises habitudes restent enracinées dans la pratique politique. Crise après crise on nous dit que cela va changer mais dans les faits ?

 

 

 

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09:54 Écrit par Olivier Baum Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

15.07.2010

Convergences ou balkanisation ?

A la fin de sa mission d’informateur, Bart De Wever signifiait au(x) peuple(s) belge(s) que son travail lui avait permis de trouver certaines ‘convergences’, mais insuffisantes pour déjà parler d’une coalition gouvernementale. A cette fin, Elio Di Rupo, antithèse de la ligne politique de la Nva. L’homme dont le nœud papillon avait servit de propagande électorale de la NVa en 2007 (afin d’illustrer la symbolique d’une mal gouvernance wallonne) devint donc le chaînon entre deux expressions politiques divergentes nord-sud.

A l’occasion des fêtes régionales flamandes, Jan Peumans, président du Parlement flamand et membre de la NVa devant l’éternel, n’hésita pas à profiter du ‘momentum’ pour rappeler toute la profondeur du programme de la NVa. Négation de Bruxelles comme entité fédérée à part entière, existence de l’état nation flamand, désir d’émancipation confédérale inscrite dans une logique de dissolution de l’Etat Belgique.

Dans la foulée, l’autre  Beste vlamingen Kris Peeters, en appelle à une charte flamande, à lire, une ébauche de Constitution. Cette idée n’est pas neuve, les régionalistes du nord et du sud ont, de longue date,  évoqués les projets de l’élaboration  de Constitutions régionales. Les socialistes avec  Jean Claude Van Cauwenbergh en tête et dès 1997 (http://nautilus.parlement-wallon.be/Archives/2005_2006/DECRET/367_1.pdf) plaidaient pour ce projet.

Extrait

« Loin d’être purement circonstancielle, cette idée est aussi ancienne que l’instauration du fédéralisme dans notre pays. Dès 1993, en effet, et l’octroi de l’autonomie constitutive à la Région wallonne, d’aucuns ont songé à utiliser cet embryon de pouvoir constitutionnel  pour mûrir un premier projet dans le cadre de l’Institut Jules Destrée. Ce texte – encore sommaire –fut présenté en 1997 par Jean-Claude Van Cauwenberghe, un de ses auteurs, s’exprimant en qualité de «citoyen wallon» pour lancer la réflexion.

Près de dix ans plus tard, dans une Région qui s’est imposée comme un des pivots de la structure fédérale et du développement wallon, le temps est peut-être venu de relancer le débat au sein de l’assemblée la mieux habilitée à le faire en toute légitimité démocratique : le Parlement wallon.

Tel est le but de la présente proposition de Constitution régionale. Une proposition qui revendique pour la Wallonie – et son incarnation politique qu’est la Région wallonne – le droit à disposer d’un décret fondamental de référence portant le nom de Constitution. »

La Belgique est bel et bien un pays en voie de Balkanisation politique, dès lors qu’à la tête d’une future coalition fédérale, les présidents De Wever et Di Rupo, incarnent les lignes politiques les plus régionalistes possibles. Tout le reste n’est que marchandage économique et politique. Une sorte de fébrilité organisée autour des convulsions d’un Etat en voie de délitement d’abord politique ensuite citoyen. Cette résultante des élections fédérales du 13 juin 2010  est incontournable et repose sur la décision de l’électeur. Même si 70 % des flamands et des francophones n’ont pas voté pour ces deux partis.

 

09:14 Écrit par Olivier Baum Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

08.07.2010

Bart De Wever se décharge, Elio Di Rupo préforme

C’est la conclusion de ces journées post-électorales typiquement belgo-belges.

Tout débute cet après-midi, un Bart De Wever en verve délivre son rapport d’ex ‘informateur’, il conclut par ceci : « Sur la base des entretiens et des contacts informels que j’ai entre-temps noués, je suis d’avis que les points de vue des parties qui entrent en considération pour former le gouvernement convergent mais pas de manière suffisante pour composer directement un gouvernement,… »

Ceci correspond grosso modo à ce que le futur premier ministre pressenti, Elio Di Rupo disait lundi : «on n'y voit pas suffisamment clair » à ce stade et il n'est pas encore question de « décider qui peut faire partie du gouvernement ».

Pour Bart De Wever, selon qui, l’indépendance de la Flandre n’est qu’une évolution ‘naturelle’ semblable au « Darwinisme politique » (sic), il était  donc l’heure de transmettre le flambeau, il se déclare disponible, il ne prendra pas de vacances ajoutait-il cet après-midi.

Mais à l’écouter les points (trop) ‘divergents’ qui subsistent sont le budget et l’institutionnel, précisant qu’il s‘agissait de points très difficiles… il déclarait en outre que le prochain gouvernement devra s’attaquer à trois défis :

« L’assainissement des finances publiques, qui consiste à trouver un équilibre entre les recettes et les dépenses afin d’éviter un effet boule de neige en matière de taux et de réduire la dette publique, va pour certains de pair avec la poursuite de la réforme institutionnelle. Cette réforme a en effet pour objectif d’améliorer l’efficacité de l’administration et de donner aux entités fédérées davantage de latitude pour développer leur propre politique et en assumer la responsabilité… »

C’est probablement là où le bas blesse. Alors que Bart De Wever insiste sur la nécessité de réduire les dépenses publiques, le PS parle d’un Etat providence fort. Le  PS serait prêt à scinder BHV et à accepter des transferts massifs de compétences vers les régions contre des refinancements ‘à déterminer’. Tout cela il faudra ensuite le faire accepter aux partenaires francophones désignés. C’est la que cela se corse, du côté du MR c’est la guerre interne et les règlements de compte. Pour le cdH il s’agira de rester cohérent, pour autant que ce parti y arrive un jour et du côté d’Ecolo, Javaux se montre insipide, inodore et incolore…

A noter les mots choisis par Bart De Wever, ils ne sont pas innocents et transpirent la ligne du programme politique de la NvA qui pour rappel est un parti résolument séparatiste.

Voilà ce beau monde quelque peu prisonnier de promesses électorales et de la musculation d’avant le 13 juin 2010.

Cela dit, en Belgique tout est possible, y compris les alliances les plus improbables, ce n’est qu’une question de présentation à l’électeur. En d’autres mots pourvu que la forme y soit, sur le fond on s’arrangera bien…

Visiblement, il y a encore du pain sur la planche, le temps d’un été…Indien ? D'ou peut-être la terminologie adoptée de 'préformateur', parce qu'un 'formateur qui s'éternise cela le ferait moins...

 

 

 

 

 

22:47 Écrit par Olivier Baum dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

04.07.2010

Formation d’un gouvernement fédéral, la course à l’échalote d’Elio Di Rupo.

 

La mission d’informateur s’achève pour Bart De Wever, à l’heure de lire ces lignes, il peaufine son rapport, fruit des colloques singuliers qu’il aura mené avec une quarantaine de représentants économiques, sociaux et politiques du pays depuis le 17 juin.

Certaines sources affirment  presque que l’homme Bart aurait été transformé par sa mission, pour diverses raisons, on ne peut que fortement douter que Bart De Wever s’éloigne beaucoup des lignes de forces de son programme résolument confédéraliste et séparatiste à terme (indéterminé).

C’est donc un républicain régionaliste qui va tisser le fil conducteur dans lequel devra s’inscrire son remplaçant à la formation d’un gouvernement. Sans le citer tout indique qu’Elio Di Rupo, vainqueur des élections doit logiquement hériter de cette fonction avant d’être intronisé Numéro Uno au 16 rue de la Loi.

C’est un exercice d’équilibrisme, carrément un grand écart politique qui se profile à l’horizon. D’abord parce qu’il est quasi certain que Bart De Wever aura pris soin de définir clairement les balises de la future négociation. Ensuite parce qu’il a d’ors et déjà prouvé sa ‘bonne volonté’ et il n’est donc plus lié par une obligation morale. Si Elio se plante, Bart ne sera pas éclaboussé. (cf l’écran de fumée du prestidigitateur). 

C’est donc une course à l’échalote que le PS va devoir mener, tenu par le col et le fond du pantalon par le futur rapport De Wever et avec en toile de fond trois grands chantiers : 

Une grande et quasi immédiate réforme de l’état (comprenez plus de compétences pour les régions en matière d’emploi, de sécurité routière et pourquoi pas d’impôt sur les sociétés) et la scission de BHV contre une refinancement de Bruxelles. Sur ce point Louis Tobback a déjà prévenu les francophones, il en coûtera 200 millions par an à la Wallonie et le solde de 300 millions à la flandre. (Ou les trouverez-vous disait-il il y a deux semaines).

Trouver  22 milliards d’économies ou un mix de recettes nouvelles et d’économies structurelles d’ici à 2015. Il ne s’agit pas d’un choix, mais d’une obligation. En matière de nouvelles recettes, une hausse d’un point ou plus de TVA n’est pas à exclure, sachant qu’il est impensable de grever encore plus la fiscalité sur le travail.  Le tabac et les carburants seront certainement de la partie, éternelles ficelles fiscales en temps de disette. 

Reste à voir comment Elio Di Rupo pourra faire passer les économies structurelles de l’Etat au sein de son électorat. Notamment en ce qui concerne le dégraissage de la fonction publique en ne remplaçant plus tous les départs à la retraite. Bref l’opposé du discours électoral du PS. Avant les élections c’était un tabou, ceux qui en parlaient étaient catalogués populistes…

L’emploi et les retraites, seules véritables variables durables qui peuvent améliorer la situation économique de ce pays. Le PS promettait d’augmenter les pensions, que fera-t-il lorsqu’il faudra simultanément annoncer que la contrepartie signifiera travailler plus longtemps et d’abandonner le régime des préretraites ? 

Qui composera ce gouvernement martyr ? Nva, SP A, CD&V et PS s’ils parviennent à s’entendre et surtout si Elio parvient à revenir sur ses promesses électorales (promesses qui ne lient que ceux qui y croient). Le MR très probablement, une participation gouvernementale c’est la dernière chance pour Didier Reynders. Reynders qui se trouve immobile sur la planche du navire, à deux doigts d’être jeté à la baille par ses matelots contestataires du MR en déroute.

Le cdH qui sera sans nul doute imposé par Elio contre l’entrée du MR. Ecolo restera donc de la revue, de quoi leur faire regretter leurs décisions stratégiques régionales de juin 2009. Même si Javaux prétend le contraire, Ecolo se fait marcher dessus comme un vulgaire paillasson par ses alliés d’hier, cdH en tête.

Ce qu’il faut retenir, c’est que ces partis francophones ont sciemment écarté le débat économique de la campagne électorale, demain ils mettront la main pour établir et présenter l’addition à payer par les électeurs contribuables, sans que ceux ci n’aient eu droit à de véritables débats de fond. Le fantôme d’une scission d’un Etat leur permettra sans doute de faire avaler des couleuvres entières à leur électorat, comme en juin 2009 en évoquant la grande crise libérale et le bain de sang avec une théâtralité stupéfiante.

Le stratège Di Rupo  va probablement nommer un second couteau au défrichage (un candidat paratonnerre ?) avant d’endosser son nouveau costume de formateur premier ministrable. Reste à savoir qui aura suffisamment d’étoffe au PS pour jouer Ce rôle la.

En conclusion, on ne peut que difficilement concevoir un échec des négociations, pire scénario possible. Le 13 juin dernier 30% des électeurs belges se sont mis la corde au cou en cédant aux sirènes Nva et PS (le nord vote pour un programme économique aux antipodes de celui du PS francophone, preuve supplémentaire de la césure communautaire) je suppose que les 70% qui n'ont pas fait ce choix politique apprécient.

 

 

 

 

 

10:42 Écrit par Olivier Baum dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |  Facebook |

27.06.2010

L’étonnante déclaration de Wouter Beke, président intérimaire du CD&V

Dans son édition de samedi 26 juin, le journal Le Soir publie un article consacré au CD&V suite à la démission éclair de Marianne Thyssen de son mandat de présidente du parti démocrate chrétien flamand.

En 2007, Yves Leterme pactise avec Bart de Wever, ensemble ils iront se présenter en cartel (CD&V-Nva) aux élections fédérales de 2007 sous le slogan ‘5 minutes de courage politique’ pour scinder BHV.

Cette association désormais contre-nature, rapportera 800.000 voix à l’ex premier ministre Leterme.

Trois ans plus tard et après l’implosion du cartel, c’est la désolation dans les rangs du CD&V. Véritable défaite aux élections, à l’occasion desquelles, l’élève De Wever dépasse le maître Leterme sur le communautaire. Arrachant ainsi son titre précaire d’informateur royal, occasion de se faire caresser dans le sens du poil par la plupart de ceux qui le diabolisait jusqu’au soir du scrutin. 

Wouter Beke déclare au Soir : « Ce qui s’est passé le 13 juin peut se transformer en opportunité. Le CD&V n’a plus à porter le poids du pays sur ses épaules. La défaite nous offre la possibilité de nous pencher sur notre parti. Ces dernières années, nous avons dépensé beaucoup d’énergie à nous préoccuper du pays et pas assez de nous-même. »

Quel magnifique témoignage de particratie ! Monsieur Beke semble oublier que les partis ne sont en réalité que des associations de fait qui vivent en bénéficiant des plantureuses dotations publiques des partis. (44 cents par voix obtenues au Sénat et à la Chambre, indemnités forfaitaires pour leurs élus, indemnités pour les groupes parlementaires formés et le financement pour embaucher une kyrielle de cabinettards et attachés). A savoir donc, que c’est le contribuable qui paie pour que les partis s’occupent précisément des problèmes du pays. Et non pas pour parler à leur nombril.

De tels propos, sont tout simplement sidérants et témoigne du véritable problème politique de ce pays. Souvenons nous du puissant Etat CVP, véritable phare de la politique belge durant des décennies. Désormais ce parti, son président intérimaire souhaitent donc se préoccuper des leurs, de l’avenir de leur association politique et ce, en étant financé par le pays.

Wouter Beke de préciser que si la Nva et le PS déposent un projet d’accord gouvernemental se contentant d’entériner une réforme de l’Etat contre de la politique ‘sociale’ du PS, cela sera sans eux. 

NDR : Bart De Wever, fin stratège, négocie avec le parti francophone le plus régionaliste qui soit, le PS. En effet la pieuvre PS et ses milliers de mandataires ne craignent pas de récupérer plus de prérogatives régionales et communautaires. Il faut bien alimenter le système PS et sa pléthore de baronnies qui squatte tous les échelons de pouvoir francophone. Accepter plus de régionalisme, c’est aussi acquérir plus de moyens et constitue donc une véritable manne financière d’avenir pour le PS.  L’argent, c’est le nerf de la guerre, cela permet aussi d’entretenir une armée d’apparatchiks du parti, sa clientèle. Restera à voir, quel usage fera Elio Di Rupo de ce nouveau pouvoir. C’est bien là, que Bart De Wever attendra les francophones au tournant d’ici à quelques années. On peut douter que le renard De Wever puisse être subitement devenu l’oie politique encensée par ses interlocuteurs. Pour De Wever, Namur c’est déjà un pays étranger et le PS de la politique étrangère.

Une réforme de l'Etat sans réforme politique, entendons par l'urgence de la dépolitisation des administrations, la transparence et le contrôle indépendant sur les OIP et sociétés d'invests Wallonnes, la fin de l'externalisation des dettes cachées Wallonnes, la suppression de niveaux de pouvoirs obsolètes tels les provinces et l'avènement d'une culture éthique au sein des parlements, c'est reculer pour mieux se diriger vers la scission du pays, doux rêve de Bart De Wever.

 

12:06 Écrit par Olivier Baum dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |  Facebook |

15.06.2010

L’écran de fumée du prestidigitateur Bart De Wever

La Nva, devenue plus grand parti de Flandre et du pays (si l’on ne tient pas compte des rassemblements familiaux des partis) serait-elle occupée à jeter un écran de fumée qui s’estompera rapidement ?

Le programme de la Nva est par essence régionaliste, nous pourrions même dire qu’il est résolument tourné sur le repli communautaire. Le discours de Bart De Wever, tantôt rassurant, tantôt acerbe, n’a pas réellement varié. Son objectif demeure l’évaporation en douceur du fédéral au profit d’un confédéralisme devant mener à terme à la scission de l’Etat Belgique en deux grandes régions communautaires européennes.

Pour Bart De Wever, Bruxelles n’est qu’une scorie, un « détail » qui constitue peut-être le dernier rempart l’empêchant de rencontrer ses objectifs dans l’immédiat.

Le nationaliste flamand doit aussi pleinement mesurer le risque que constitue pour son parti, une éventuelle participation au fédéral. Ce n’est pas pour rien qu’il distille son ouverture à abandonner la place de premier au socialiste Elio Di Rupo. La Nva est un parti biodégradable au niveau fédéral, en participant à une coalition gouvernementale il serait tenu d’obtenir une très large réforme de l’état, la scission de BHV et simultanément de refuser catégoriquement un élargissement de Bruxelles. Vu le contexte, un FDF vainqueur du MR à Bruxelles, un président réformateur sous tutelle du clan michel jusqu’à son prochain retrait présidentiel, un cdH qui va devoir assumer sa radicalisation pré-électorale, cela semble difficile.

Sur le plan économique, les programmes de la Nva et du PS  sont diamétralement contraires, ce qui fera d’ailleurs dire à De Wever qu’il pourrait passer un après-midi entier à pointer les divergences entre son programme et celui du PS.

Finalement, Bart De Wever, qui reste un redoutable stratège politique, est peut-être simplement occupé à donner le change, on fait semblant de négocier, sachant qu’on viendra à la table avec des exigences indéfendables pour les responsables francophones du dossier (Le plan Dehaene puissance 10). C’est d’ailleurs très exactement ce qu’il fallait craindre, dès lors que depuis 2007 il n’y eu aucun terrain d’entente communautaire avec les plus modérés. Aujourd’hui,  il ne s’agira pas de négocier mais d’amortir la radicalisation de la Nva.

La Nva pourrait donc parfaitement renoncer très vite à une participation à un gouvernement fédéral,  il sera facile à son président d’expliquer à ses électeurs qu’il a essayé mais que les francophones n’obtempèrent pas. Il resterait donc à activer la majorité alternative flamande en se passant de la Nva. Avec pour effet de  renforcer la Nva en Flandre, qui prépare certainement ses prochains objectifs communaux à l’horizon 2012. Bart De Wever n’est pas un homme pressé, il a par ailleurs démontré que le fédéral n’est pas un objectif essentiel pour lui, il sait aussi que d’une élection à l’autre il peut perdre son leadership.

Ce n’est pas une catastrophe, il suffirait d’obtenir un accord institutionnel majeur avec les partis flamands modérés et de rétablir la confiance nord/sud pour paralyser l’action délétère des n-véistes. Un art d’équilibriste face aux talents de prestidigitateur de Bart. En espérant que les flamands modérés n'en profitent pas pour faire, trop, monter les enchères. D'une manière ou d'une autre, les francophones paieront l'addition de l'immobilisme tactique du fameux front des francophones. Autant essayer d'en minimiser le poids.

 

Hypothèse :

Si la Nva renonce à une participation fédérale que ce passerait-il ? Casse-tête fédéral

Le parlement fédéral est constitué de 150 sièges, pour une réforme institutionnelle il est impératif d’obtenir une majorité des deux tiers de la chambre à savoir 100 sièges.

N-VA 27- 
 PS 26+6 
 MR 18-5 
 CD&V 17- 
 Open Vld 13-5 
 sp.a 13- 
 Vlaams Belang 12-5 
 CDH 9-1 
 ecolo 80 
 GROEN! 5+1 
 Lijst Dedecker 1-4 
 Parti Populaire 1- 

Du côté flamand, il y a 88 sièges attribués soit 27 pour la Nva, 17 au cd&v, 13 sièges respectifs pour le sp.a et l’open Vld, 12 au Vlaams Belang et enfin 5 chez Groen et 1 pour La liste Dedecker.

Il serait étonnant que les flamands se contentent d’une minorité linguistique au Parlement, il faut donc atteindre le seuil des 45 sièges, on peut raisonnablement écarter d’office les 12 sièges du Vlaams Belang et celui de la LDD.

Cd&v + VLD + Sp.a = 43 sièges

La seule solution pour obtenir une majorité dans le groupe linguistique flamand consiste à y ajouter les 5 sièges de Groen, compte tenu de ce qui précède (ni VB, ni LDD, ni Nva), pour arriver à 48 sièges.

Une coalition fédérale minoritaire flamande serait raillée par la Nva, avec pour effet de renforcer Bart De Wever sur le plan régional et communal dans une flandre intra-muros. Une union sacrée flamande délaissant le parti gagnant (Nva) constitue un risque maximum aussi. Autrement dit il faut que Bart quitte la scène fédérale de lui-même, sinon fiasco assuré.

Du côté francophone, il y a 62 sièges attribués soit 26 au PS, 18 pour le MR, 9 cdH, 8 Ecolo et 1 au PP.

L’Olivier PS + Ecolo + CdH = 43 sièges, ce qui constitue une majorité dans le groupe linguistique francophone.

Mais dans cette configuration, on n’atteint pas la majorité des deux tiers indispensables à une réforme institutionnelle  48 flamands + 43 francophones = 92 sièges, il en manque 8 pour l’atteindre.

Le MR dispose de 18 sièges, une majorité  fédérale francophone pourrait donc se passer soit d’Ecolo, soit du cdH. On aurait donc une tripartite PS-MR-Ecolo ou cdH qui constitue une majorité de 53 ou 54 sièges selon le cas retenu.

 

Questions : Groen accepterait-il de monter sans Ecolo ? Elio lâcherait-il Joëlle ? On en doute. Même si le cd&v a déjà annoncé être prêt à monter au fédéral sans le cdH.

Ecolo serait-il prêt à renoncer au fédéral mais à soutenir une réforme institutionnelle, idem pour le cdH ?

Dernière solution, l’union sacrée francophone, les 4 premiers partis francophones montent au fédéral, du côté flamand cela serait un peu près pareil au demeurant.

 

Encore faudra-t-il trouver un accord gouvernemental sur le socio-économique, autre volet importantissime qui oppose les familles politiques. Au nord on parle de forte rigueur (pour ne pas dire austérité), tempérée par le Sp.a, au sud la main du PS laisse penser à une rigueur modérée, mais ce qui est sûr c’est qu’au Nord et au Sud, on ne partage pas la même vision de sortie de crise. Il reste 22 milliards à trouver pour 2015, à 8, est-ce possible ?

Autre point, le VLD et le jeune Alexander De Croo peuvent aussi décider  de rester dans l’opposition, dans un tel cas et si la Nva recule aussi, nous sommes bons pour revoter. Connaissant son côté kamikase, il est capable de tout. Côté Sp.a, il est peu probable que Caroline Genez dédaigne une participation fédérale, dès lors que le PS à la main  côté francophone.

Autrement dit, si la Nva renonce au fédéral, le rubiks cube fédéral risque de devenir folklorique.

 

 

 

 

 

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09:29 Écrit par Olivier Baum dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |  Facebook |