La Nva, devenue plus grand parti de Flandre et du pays (si l’on ne tient pas compte des rassemblements familiaux des partis) serait-elle occupée à jeter un écran de fumée qui s’estompera rapidement ?
Le programme de la Nva est par essence régionaliste, nous pourrions même dire qu’il est résolument tourné sur le repli communautaire. Le discours de Bart De Wever, tantôt rassurant, tantôt acerbe, n’a pas réellement varié. Son objectif demeure l’évaporation en douceur du fédéral au profit d’un confédéralisme devant mener à terme à la scission de l’Etat Belgique en deux grandes régions communautaires européennes.
Pour Bart De Wever, Bruxelles n’est qu’une scorie, un « détail » qui constitue peut-être le dernier rempart l’empêchant de rencontrer ses objectifs dans l’immédiat.
Le nationaliste flamand doit aussi pleinement mesurer le risque que constitue pour son parti, une éventuelle participation au fédéral. Ce n’est pas pour rien qu’il distille son ouverture à abandonner la place de premier au socialiste Elio Di Rupo. La Nva est un parti biodégradable au niveau fédéral, en participant à une coalition gouvernementale il serait tenu d’obtenir une très large réforme de l’état, la scission de BHV et simultanément de refuser catégoriquement un élargissement de Bruxelles. Vu le contexte, un FDF vainqueur du MR à Bruxelles, un président réformateur sous tutelle du clan michel jusqu’à son prochain retrait présidentiel, un cdH qui va devoir assumer sa radicalisation pré-électorale, cela semble difficile.
Sur le plan économique, les programmes de la Nva et du PS sont diamétralement contraires, ce qui fera d’ailleurs dire à De Wever qu’il pourrait passer un après-midi entier à pointer les divergences entre son programme et celui du PS.
Finalement, Bart De Wever, qui reste un redoutable stratège politique, est peut-être simplement occupé à donner le change, on fait semblant de négocier, sachant qu’on viendra à la table avec des exigences indéfendables pour les responsables francophones du dossier (Le plan Dehaene puissance 10). C’est d’ailleurs très exactement ce qu’il fallait craindre, dès lors que depuis 2007 il n’y eu aucun terrain d’entente communautaire avec les plus modérés. Aujourd’hui, il ne s’agira pas de négocier mais d’amortir la radicalisation de la Nva.
La Nva pourrait donc parfaitement renoncer très vite à une participation à un gouvernement fédéral, il sera facile à son président d’expliquer à ses électeurs qu’il a essayé mais que les francophones n’obtempèrent pas. Il resterait donc à activer la majorité alternative flamande en se passant de la Nva. Avec pour effet de renforcer la Nva en Flandre, qui prépare certainement ses prochains objectifs communaux à l’horizon 2012. Bart De Wever n’est pas un homme pressé, il a par ailleurs démontré que le fédéral n’est pas un objectif essentiel pour lui, il sait aussi que d’une élection à l’autre il peut perdre son leadership.
Ce n’est pas une catastrophe, il suffirait d’obtenir un accord institutionnel majeur avec les partis flamands modérés et de rétablir la confiance nord/sud pour paralyser l’action délétère des n-véistes. Un art d’équilibriste face aux talents de prestidigitateur de Bart. En espérant que les flamands modérés n'en profitent pas pour faire, trop, monter les enchères. D'une manière ou d'une autre, les francophones paieront l'addition de l'immobilisme tactique du fameux front des francophones. Autant essayer d'en minimiser le poids.
Hypothèse :
Si la Nva renonce à une participation fédérale que ce passerait-il ? Casse-tête fédéral
Le parlement fédéral est constitué de 150 sièges, pour une réforme institutionnelle il est impératif d’obtenir une majorité des deux tiers de la chambre à savoir 100 sièges.
 | N-VA | | 27 | - | |
| |  | PS | | 26 | +6 | |
| |  | MR | | 18 | -5 | |
| |  | CD&V | | 17 | - | |
| |  | Open Vld | | 13 | -5 | |
| |  | sp.a | | 13 | - | |
| |  | Vlaams Belang | | 12 | -5 | |
| |  | CDH | | 9 | -1 | |
| |  | ecolo | | 8 | 0 | |
| |  | GROEN! | | 5 | +1 | |
| |  | Lijst Dedecker | | 1 | -4 | |
| |  | Parti Populaire | | 1 | - | |
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Du côté flamand, il y a 88 sièges attribués soit 27 pour la Nva, 17 au cd&v, 13 sièges respectifs pour le sp.a et l’open Vld, 12 au Vlaams Belang et enfin 5 chez Groen et 1 pour La liste Dedecker.
Il serait étonnant que les flamands se contentent d’une minorité linguistique au Parlement, il faut donc atteindre le seuil des 45 sièges, on peut raisonnablement écarter d’office les 12 sièges du Vlaams Belang et celui de la LDD.
Cd&v + VLD + Sp.a = 43 sièges
La seule solution pour obtenir une majorité dans le groupe linguistique flamand consiste à y ajouter les 5 sièges de Groen, compte tenu de ce qui précède (ni VB, ni LDD, ni Nva), pour arriver à 48 sièges.
Une coalition fédérale minoritaire flamande serait raillée par la Nva, avec pour effet de renforcer Bart De Wever sur le plan régional et communal dans une flandre intra-muros. Une union sacrée flamande délaissant le parti gagnant (Nva) constitue un risque maximum aussi. Autrement dit il faut que Bart quitte la scène fédérale de lui-même, sinon fiasco assuré.
Du côté francophone, il y a 62 sièges attribués soit 26 au PS, 18 pour le MR, 9 cdH, 8 Ecolo et 1 au PP.
L’Olivier PS + Ecolo + CdH = 43 sièges, ce qui constitue une majorité dans le groupe linguistique francophone.
Mais dans cette configuration, on n’atteint pas la majorité des deux tiers indispensables à une réforme institutionnelle 48 flamands + 43 francophones = 92 sièges, il en manque 8 pour l’atteindre.
Le MR dispose de 18 sièges, une majorité fédérale francophone pourrait donc se passer soit d’Ecolo, soit du cdH. On aurait donc une tripartite PS-MR-Ecolo ou cdH qui constitue une majorité de 53 ou 54 sièges selon le cas retenu.
Questions : Groen accepterait-il de monter sans Ecolo ? Elio lâcherait-il Joëlle ? On en doute. Même si le cd&v a déjà annoncé être prêt à monter au fédéral sans le cdH.
Ecolo serait-il prêt à renoncer au fédéral mais à soutenir une réforme institutionnelle, idem pour le cdH ?
Dernière solution, l’union sacrée francophone, les 4 premiers partis francophones montent au fédéral, du côté flamand cela serait un peu près pareil au demeurant.
Encore faudra-t-il trouver un accord gouvernemental sur le socio-économique, autre volet importantissime qui oppose les familles politiques. Au nord on parle de forte rigueur (pour ne pas dire austérité), tempérée par le Sp.a, au sud la main du PS laisse penser à une rigueur modérée, mais ce qui est sûr c’est qu’au Nord et au Sud, on ne partage pas la même vision de sortie de crise. Il reste 22 milliards à trouver pour 2015, à 8, est-ce possible ?
Autre point, le VLD et le jeune Alexander De Croo peuvent aussi décider de rester dans l’opposition, dans un tel cas et si la Nva recule aussi, nous sommes bons pour revoter. Connaissant son côté kamikase, il est capable de tout. Côté Sp.a, il est peu probable que Caroline Genez dédaigne une participation fédérale, dès lors que le PS à la main côté francophone.
Autrement dit, si la Nva renonce au fédéral, le rubiks cube fédéral risque de devenir folklorique.
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Commentaires
Saison 1 C'est comme Prison Break, un scénario alliant parfaitement action, suspense et conspiration. On attend toujours la suite avec curiosité et on espère que la saison 2 sera meilleure que la première. Mais souvent le tirage en longueur ne profite pas au dénouement. Un plaisir de vous lire.
Écrit par : muller cl | 16.06.2010
Imaginons que le futur gouvernement tiendrait 4 ans (ce qui me semble utopique, mais imaginons ...) Si l'union sacrée est retenue, cela signifie que durant 4 ans, ces 4 partis ne se distingueront pas où s'ils veulent le faire, ce sera aux prix de grosses dissentions qui n'apporteront rien de constructifs pour la Wallonie et Bruxelles. Cela risquerait même de freiner l'évolution de ces 2 régions car dès que le communautaire sera résolu (j'aime l'espérer), ils feront quoi ensemble ?
Moi, je ne vois pas de solutions viables. Et même aller revoter ne changera pas la donne, le PS et la NVA seront encore les grands gagnants
Écrit par : Holé | 16.06.2010
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