05.09.2010

La Belgique confrontée à l’émulsion politique entre le Nord et le Sud, un plan B devient impératif.

 

Aux dires de l’ex préformateur Di Rupo, le groupe des sept était à deux doigts d’un accord sur le volet institutionnel. Du côté de la NVA et du CD&V, blocage total sur le volet scission de BHV et refinancement de Bruxelles.

D’un côté, on estime les besoins financiers structurels de Bruxelles à 500 millions d’euros annuels. Au fil des négociations, la dernière proposition sur la table était passée de 250 millions à 200 millions, le solde devant faire l’objet de nouveaux accords concernant la révision des lois de financements.

C’est à un vrai marchandage qu’on dû se plier les négociateurs, de toute évidence pour la NVA, Bruxelles n’est toujours pas envisageable en qualité de région à part entière. Bart De Wever ajoutera même que pour lui, une réforme s’appuyant sur trois régions (« couper le pays en trois comme certains le veulent ») mènera droit au séparatisme. Evidemment, une réforme tablée sur la communautarisation des transferts, offre l’avantage de mener à l’impasse totale sur la capitale avec tous les effets pervers qu’une telle réforme entrainerait.

Il a aussi été question de transférer l’impôt vers les entités, des réformes et des transferts de compétences sans moyens c’est niet genoeg.

Mais dans le fond, il y a peut-être un autre constat à dresser, la NVA est pragmatique, pour elle, il faudra dégager 25 milliards pour revenir à l’équilibre en 2015,  pour ce faire l’effort devant être réparti selon une clé de 70 % d’économies (dépenses) et 30 % de recettes nouvelles (impôts). La NVA entend, entre autre,  réduire la durée des allocations de chômage à deux ans et réduire le nombre de fonctionnaire. Imbuvable pour l’Olivier francophone et singulièrement le PS. La NVA sait aussi que pour ce volet là, il serait bien plus simple de négocier avec les libéraux, mais pour Di Rupo, il est toujours exclu de les faire entrer dans la danse.

Il est donc plus que probable, que Bart entende bien mener en Flandre la politique économique pour laquelle il estime que les flamands ont voté et donc que les autres (les francophones) prennent leurs responsabilités en ayant voté à gauche. Des transferts massifs de compétences et de moyens rendent une Belgique politique et économique à deux vitesses possible, de quoi arranger la NVA et le PS finalement.  Chaque parti pouvant ainsi tenir boutique dans leur fief respectif, sans freiner l’autre.

Concernant le volet de la responsabilisation des entités fédérées, il permet à la NVA de baliser la solidarité Nord-Sud à propos de la dette du pays (340 milliards au 30 juin 2010).

Ce sont deux logiques qui s’affrontent, dans un pays qui politiquement tient plus de  l’émulsion que de l’homogénéité politique. Emulsion symbolisée par la nomination royale des présidents des chambres comme 'médiateurs' : Un NVA, séparatiste et républicain affirmé et le socialiste Flahaut, tout un symbole.

Il n’y aura donc pas 36 solutions, dès lors que les francophones ont voté à gauche et les flamands pour une droite nationaliste. Bruxelles, avec la dette fédérale,  restent paradoxalement les ultime cordons reliant politiquement les deux communautés/régions.

Soit, les francophones prennent effectivement leurs responsabilités, mais alors les flamands doivent cesser de  nier à Bruxelles sa qualité constitutionnelle de région à part entière. Soit nous aurons encore droit à de belles crises politiques.

Mais on l’aura entendu, pour Elio Di Rupo, il n’est pas question d’accepter des formes de responsabilisation et de réforme qui appauvriraient des régions ou des communautés. C’est assez paradoxal, dans la mesure ou d’un coté on vend une Wallonie Marshall 2.vert performante mais de l’autre on craint de l’appauvrir en cas d’une plus grande autonomie responsable. Pour Bruxelles par contre, c’est plus vrai, 200 millions suffisent à peine à la maintenir la tête hors de l’eau, néanmoins  Bart de Wever expliquait, que comme il n’a pas obtenu suffisamment sur le plan de la responsabilisation des entités et des transferts, il ne voulait pas signer un chèque en blanc pour Bruxelles. C’est peut-être carré, mais cette approche mérite de s’y attarder aussi.

C’est d’ailleurs le côté pas banal entre une vision politique flamande (NVA et CD&V) qui tantôt marque leur attachement au principe de la territorialité mais concernant Bruxelles entendent bien le résoudre sur base communautaire, à moins que pour eux, cette évidence repose sur l’enclavement géographique de Bruxelles sur le sol flamand.

Il ne faut pas oublier, avant de sombrer dans une lecture manichéenne, que derrière les négociateurs, se cachent d’abord des présidents de parti qui doivent revendre, d’abord à leurs électeurs, le fruit des accords négociés.

Plus que jamais, c’est donc un vrai plan B qu’il faut et il ne signifie nullement l’éclatement du pays. Le pays est politiquement éclaté entre deux visions économique et sociale aux antipodes l’une de l’autre. Inutile de persister à rafistoler un état fédéral qui de plus en plus, se paralysera, sauf à noter un changement (rapprochement) dans les comportements électoraux futurs. Mais ca c’est une autre histoire.

Finalement, ce choix de mener les négociations sur deux plans distincts, d’abord un accord cadre sur les réformes et ensuite sur le volet socio-économique c’était une erreur. L’un et l’autre étant intimement liés, après avoir constaté que des réformes étaient acceptables (sur le plan des principes) par les partis conviés, Elio Di Rupo aurait peut-être dû s’attaquer directement au menu socio-économique. On aurait probablement très vite constaté les dissensions fondamentales entre la NVA et le PS et épargné quelques bonnes semaines de psychodrame au pays.

Hier les négociateurs insistaient sur l'entente cordiale, le partage de loukoums et autre gâteaux d'anniversaire, aujourd'hui Laurette Onkelinkx déclare dans la DH qu'il faut ni plus ni moins se préparer la fin de la Belgique. Comment peut-on raisonnablement jouer à ce point la sur la théorie du chaos en tant que politique responsable ?

C'est tout simplement affligeant.

 

 

 

 

 

10:04 Écrit par Olivier Baum Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

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